Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie

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Bénédiction des mains des iconographes

 

Cérémonie annuelle organisée par

l'Institut Périchorèse et l'église saint-Georges-d'Antioche de Montréal

en la fête de saint Luc, patron des iconographes

 

 

 

 

 

Père Jean El Muir de l'église Saint-Georges bénissant les mains d'une iconographe

 Photo prise lors de la première cérémonie, le 27 octobre 2012

 

 

Depuis 2012, l'Institut Périchorèse en partenariat avec l'église orthodoxe Saint-Georges-d'Antioche de Montréal organise chaque année une cérémonie de Bénédiction des Mains des iconographes. 

 

Cette cérémonie de Bénédiction des mains se vit en octobre en la fête de l'Apôtre saint Luc l'évangéliste à qui la tradition fait remonter l'écriture des premiers grands types d'icônes de la Mère de Dieu. (1

 

 

Saint Luc écrivant les icônes de la Mère de Dieu. 

 

Observez la pose de la Vierge debout, différente de l'icône peinte sur le chevalet, ce qui souligne le caractère symbolique de la représentation et suggère également que saint Luc a créé plusieurs types d'icônes mariales.  L'Ange qui guide et bénit la main de l'iconographe est la Sophia, la Sagesse divinie, reconnaissable à l'étoile rouge dans son nimbe.

 

 

 

La cérémonie a lieu à l'église Saint-Georges-d'Antioche, située sur la rue Jean-Talon à Montréal.  Lors de la célébration, les mains des iconographes sont bénies (2) suivant un rituel précis.  Des icônes peuvent également être consacrées au cours de la cérémonie, avec des prières rituelles, les huiles saintes et l'eau bénite. (3)

 

 

 

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La Cérémonie de Bénédiction des Mains est ouverte à tous les iconographes et non seulement aux personnes travaillant à notre Atelier.  Les iconophiles, personnes aimant et priant l'icône, sont également les très bienvenu(e)s.   Dans cette rencontre, l'icône est à l'honneur dans un climat de prière liturgique.  Il s'agit là d'une belle occasion pour créer des ponts et tisser des liens d'amitié spirituelle entre les iconographes venant de différents ateliers du Québec et même d'ailleurs. 

 

A la fin de la célébration, un goûter est offert. 

 

Il convient de réserver d'avance pour faciliter le travail des personnes qui organisent l'événement.  Pour plus de détails, contactez-nous

 

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NOTES pour aller plus loin...

 

 

(1) Prototypes d'icônes mariales attribuées à saint Luc (les quatre grands types d'icônes de la Mère de Dieu).  Les icônes mariales attribuées à saint Luc varient selon les sources.  On peut retenir ici quatre grands types.  Notez qu'il est extrêmement rare de voir Marie seule sur les icônes, contrairement à la tradition catholique qui célèbre quelque chose de complémentaire par ses effigies de la Vierge.  Dans les icônes, Marie-Théotokos est pratiquement toujours représentée avec l'Emmanuel. 

 

1. Le premier type, qui fait consensus, est celui appelé Hodighitria - de hodos, chemin - qui représente Marie dans une pose hiératique montrant Jésus Voie, Vérité et Vie.   Plusieurs icônes connues sont de ce type, telles la Mère de Dieu Portaïtissa, la Vierge des Trois mains, etc.

 

2. Le second type est dit Éléousa, en russe Oumiliénié, pour dire la tendresse et la miséricorde tant de la Mère que de l'Enfant. Elles sont facilement reconnaissables car la joue de Marie touche celle de Jésus.  Ce type d'icônes est sans doute le plus connu et le plus vénéré en Occident, à commencer par la plus célèbre de toutes, la Vierge de Vladimir.

 

3. Un troisième type est appelé Orante dont une version tardive a donné les Vierges dites 'du Signe.  Sur ces icônes, la Mère ne touche pas du tout l'Emmanuel qui est posé, bénissant, sur son sein, le plus souvent dans une mandorle, symbole de la gloire divine.  André Grabar les appelle icône de non-contact pour les distinguer des autres grands types qui ont un caractère plus familier.  La Vierge a les mains levées en prière (du latin ôrâre, prière, supplication).   Le type de l'Orante est une des plus anciennes figurations de la Mère de Dieu et même la précède car elle symbolisait toute personne en prière, voire personnifiait la prière elle-même, dans les Catacombes romaines.  

 

4. Le quatrième grand type est appelé Kyriotissa, la Vierge trônante, la plus solennelle des représentations iconographiques de la Mère de Dieu.  Elle siège sur un trône, soutenant très légèrement l'Enfant assis sur ses genoux, tous deux nous faisant face. On retrouve cette très ancienne figuration dans les Catacombes romaines, notamment pour figurer la visite des Rois Mages dans le cycle de la Nativité de Jésus, mais sans le côté hiératique que la pratique impériale byzantine lui donnera par la suite.

 

D'autres icônes spéficiques sont parfois attribuées à saint Luc, dont la Vierge de Vladimir et la Vierge noire de Częstochowa.

 

(retour au texte

 

 

(2) Pour une personne, on emploie l'adjectif 'béni(e)' tandis que 'bénit(e)' vaut pour les objets (par exemple les chapelets, les crucifix, etc.).  Lors de la bénédiction des mains, c'est toute la personne de l'iconographe qui est bénie par le symbole de ses mains car la Prière de l'iconographe dit bien : "conduis ses mains" en lien au "éclaire et dirige l'âme, l'esprit et le coeur".   Les mains figurent en quelque sorte la participation de tout le corps car nous sommes un tout et c'est ce tout sans partage qui se met au service de l'icône.    De son côté, le mot bénédiction vaut pour les choses et les gens et son étymologie signifie "bonne parole" (bene-dicere). (retour au texte

 

(3)   Il semble qu'il y ait une distinction à apporter entre la bénédiction des mains et la consécration des icônes.  A) La première a pour but de protéger l'iconographe dans son travail afin qu'il ou elle soit toujours en pleine conscience d'être au service de Dieu par l'icône et ne se laisse pas distraire de cette finalité qui est sa vocation particulière.  L'iconographie est un art sacré et son propos n'est pas d'abord de mettre en vedette l'émotion ou le monde intérieur de l'artiste, bien que ceux-ci y participent entièrement, ce qui est très heureux, mais plutôt de témoigner du mystère central de l'Incarnation.  B) Pour les icônes, on dira généralement qu'elles sont non pas bénites, mais consacrées.  L'icône est en effet déjà remplie de bénédictions de par la prière de l'iconographe et la présence de la personne sainte qui y est représentée.  On parlera plutôt de consécration pour le rituel qui lui est propre, afin de souligner que désormais l'icône quitte le domaine privé et entre au service 'officiel' de l'Église.  Cette distinction vaut sans doute davantage pour l'Orthodoxie pour qui les icônes sont inséparables de toute la vie liturgique, ce qui n'est pas le cas dans les rites catholiques romains.  Le rituel pour les icônes prévoit, outre des prières, l'utilisation de l'eau bénite et des huiles saintes.  La Prière de l'iconographe nous rappelle que le but de l'icône, de l'iconographie et de l'iconographe est de travailler à la joie, à la gloire et à l'embellissement de la sainte Église du Christ au coeur de notre monde. (retour au texte

 

 

Rédigé et publié 2014-11-11

par Michèle Lévesque