

Contenu
1.
Question de départ, définitions et méthodologie
1.1. Question de départ
1.2. Définitions
1.3. Méthodologie
2. Situer la notion de hasard
2.1. Principes à la base de la réflexion
2.1.1. Références
2.1.2. Résumé des principes
2.1.3. Complément : le précédent néo-testamentaire
2.2. Pour quelles raisons faites-vous tirer une icône ?
2.3. Comment l’Institut Périchorèse procède-t-il pour les tirages d’icones ?
2.4. Conclusion sur la légitimité d’un tirage en contexte chrétien
3. D’accord, mais l’icône ne constitue-t-elle pas un cas à part ?
3.1 Distinctions possibles entre sacré et religieux
« Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au nombre des douze apôtres. » (Ac 1, 26)
3.1.1. Arts et objets d’art sacré et religieu
3.1.2. L’Icône, un sacramental
3.1.3. Conclusion : les saintes icônes
3.2. Vente d’objets sacrés ou religieux incluant les icônes
3.3. Une alternative : la pratique de l’offrande
4. Conclusion : une option pour l’ouverture
5. Notes
6. Références
7. Vos commentaires sont appréciés
8. Comment référencer ce texte
1. Question de départ,
définitions et méthodologie
En offrant en tirage une icône - objet religieux, voire sacré, par excellence -, l’Institut Périchorèse n’entre-t-il pas en contradiction avec les principes chrétiens qu’il s’est lui-même donnés et qui sont reflétés dans son énoncé de mission ?
Tirage
av. 1600; « halage » 1479; de tirer
(1752). III.1.
Désignation par le sort; fait de tirer (V) au hasard un ou plusieurs numéros.
Tirage au sort*. Tirage d'une loterie*. Le tirage des numéros gagnants."
[1]
Loterie (1538); néerl. loterije, ou it. loteria Ò lot . 1. Jeu de hasard où l'on distribue un certain nombre de billets numérotés et où des lots sont attribués à ceux qui sont désignés par le sort. tombola. Billet de loterie. Tirage, tranches d'une loterie...[2]
Du fait que la mission de l'Institut Périchorèse est de "promouvoir l'icône sous toutes ses facettes dans le respect de la tradition chrétienne de l'iconographie", elle s'enracine logiquement dans deux des trois grandes traditions chrétiennes, soit l'Orthodoxe et la Catholique romaine. Méthodologiquement, notre première référence sera ici la tradition catholique romaine, laquelle chevauche par ailleurs la tradition orthodoxe sur plusieurs aspects. Un point de vue spécifiquement orthodoxe pourra éventuellement être présenté dans un second temps.
Nous situerons
d'abord la notion de hasard en s'interrogeant plus particulièrement sur la
légitimité de procéder à des loteries en contexte chrétien.
Le deuxième
volet de notre questionnement portera sur la spécificité de l'icône en tant
qu'objet offert à cette forme particulière de vente qu'est un tirage au
sort.
Le thème de
conclusion sera la validité de la circulation grand public des images (icônes)
chrétiennes.
2.
Situer
la notion de hasard
2.1. Principes à la base de la réflexion
A tout seigneur, tout honneur : l’option méthodologique présentée ci-dessus nous invite à donner d’abord la parole au Magistère de l’Église catholique, lequel nous dit dans son Catéchisme :
[Art.] 2413.
Les jeux de hasard (jeu de cartes, etc.) ou les
paris ne sont pas en eux-mêmes contraires à
A la lumière de ce texte, reçu ici comme normatif, il ressort clairement que l’évaluation d’une pratique impliquant le recours au hasard renvoie à finalité de cette pratique tout autant qu’à son mode de gestion.
Ces principes peuvent être complétés par ceux du
New Advent Catholic Encyclopedia
:
Morally it [lottery] is objectionable if carried to excess as it tends to
develop the gambling spirit and distract people from earning a livelihood by
honest work. However, if there is no fraud of any sort in the transaction,
and if there is some sort of proportion between the price of a ticket and
the value of a chance of gaining a prize, a lottery cannot be condemned as
in itself immoral.[4]
On peut résumer
les principes qui précèdent de la façon suivante :
1.
Les
jeux de hasard et diverses formes de paris, incluant les loteries, ne sont
pas condamnables en soi. Tout
dépend du contexte de leur pratique, de leur mode de gestion et de leur
finalité.
2.
Ils
ne doivent pas entraîner ou inciter à créer une dépendance au hasard.
3.
Ils
ne doivent pas distraire les participant(e)s du devoir de gagner honnêtement
leur vie.
4.
Il
doit y avoir une adéquation honnête entre la valeur du prix offert et le
prix du billet.
5.
Il
doit y avoir une adéquation honnête entre la valeur du prix offert, le prix
du billet et la chance de gagner ce prix.
6.
Les
règles de la loterie doivent être clairement exprimées et la gestion de la
vente des billets et du tirage proprement dit doivent rester honnêtes et
sans fraude aucune.
2.1.3.
Complément : le précédent néo-testamentaire
On se rappellera enfin, et avec un brin d’humour, le précédent de taille
que constitue l’élection de l’Apôtre Mathias, désigné par le sort pour
remplacer Judas l’Iscariote.
Relisons le
texte des Actes des Apôtres (Ac 1, 15-26)
15. En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères, - ils étaient réunis au nombre d'environ cent vingt personnes, - et il dit : 16. « Frères, il fallait que s'accomplît l'Écriture où, par la bouche de David, l'Esprit Saint avait parlé d'avance de Judas, qui s'est fait le guide de ceux qui ont arrêté Jésus. 17. Il avait rang parmi nous et s'était vu attribuer une part dans notre ministère. 18. Et voilà que, s'étant acquis un domaine avec le salaire de son forfait, cet homme est tombé la tête la première et a éclaté par le milieu, et toutes ses entrailles se sont répandues. 19. La chose fut si connue de tous les habitants de Jérusalem que ce domaine fut appelé dans leur langue Hakeldama, c'est-à-dire »Domaine du sang». 20. Or il est écrit au Livre des Psaumes : Que son enclos devienne désert et qu'il ne se trouve personne pour y habiter. » Et encore : Qu'un autre reçoive sa charge. 21. « Il faut donc que, de ces hommes qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu au milieu de nous, 22. en commençant au baptême de Jean jusqu'au jour où il nous fut enlevé, il y en ait un qui devienne avec nous témoin de sa résurrection. » 23. On en présenta deux, Joseph dit Barsabbas, surnommé Justus, et Matthias. 24. Alors ils firent cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais le cœur de tous les hommes, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi 25. pour occuper, dans le ministère de l'apostolat, la place qu'a délaissée Judas pour s'en aller à sa place à lui. » 26. Alors on tira au sort et le sort tomba sur Matthias, qui fut mis au nombre des douze apôtres.[5]
Ainsi, si les
saints fondateurs de l’Église chrétienne ont jugé que le tirage au sort - et
donc le renvoi à ce que nous appelons Hasard, mais qu’on peut tout aussi
bien appeler Synchronicité ou, plus joliment encore, ClinDieu - pouvait
s’inscrire dans les voies de la Providence, il est légitime de croire que le
modeste tirage d’une icône puisse suivre la même logique sous condition,
d'une part, de poursuivre avec foi un but similaire, à savoir « la gloire,
la joie et l’embellissement de la Sainte Église »[6]
et, d'autre part, d'en respecter les conditions éthiques de gestion.
2.2.
Pour quelles raisons faites-vous tirer une icône ?
La mission de l’Institut Périchorèse – promotion de
l'art chrétien, en particulier des icônes – est réalisée
principalement, mais pas
exclusivement, par des activités de formation.
Comme tout projet d’ordre pratique, des fonds sont nécessaires pour
rencontrer les objectifs fixés.
A l’Institut, ces fonds proviennent surtout des frais de formation (stages
et ateliers accompagnés) et de la vente des quelques produits et matériaux
jugés nécessaires à un enseignement de qualité.
Notre tirage
annuel d’une icône s’inscrit dans cette nécessité pratique consistant à
disposer des liquidités nécessaires au soutien de notre mission chrétienne
et artistique.
2.3.
Comment l’Institut Périchorèse procède-t-il pour les tirages d’icônes ?
Il convient
avant tout de préciser que les iconographes qui réalisent les icônes
offertes en tirage – soit, jusqu'ici,
De son côté, la
gestion de la loterie se fait dans une grande transparence.
Les informations importantes sont inscrites sur les billets et le
matériel promotionnel -
soit la valeur du prix, les caractéristiques de l’icône ainsi que les
date et lieu du tirage. Ce
dernier se fait à la date prévue, habituellement par un(e) élève de
l'Atelier et devant les personnes présentes ce jour-là.
Des photos sont prises du tirage lui-même, incluant un gros plan du
billet gagnant. Les informations
sur la personne gagnante, le lieu, la date et l’heure du tirage ainsi que
les photos prises durant l’événement sont ensuite affichées au babillard de
l’Atelier d’iconographie et sur notre site internet.
Quand c’est possible, ces données font également l’objet d’un
courriel envoyé à tout notre réseau.
2.4. Conclusion sur la
légitimité d'un tirage en contexte chrétien
La réflexion qui
précède a permis de situer sommairement la question des tirages au sort en
contexte chrétien ou, à tout le moins, catholique, et de montrer de quelle
façon l'Institut Périchorèse en respecte l'éthique. Un exercice complémentaire consisterait à chercher des exemples
concrets de tirages faits par des églises locales, des communautés
religieuses et des organismes de bienfaisance d'allégeance chrétienne afin
d'étudier les règles et les principes qui soutiennent ces pratiques. Pour
l'instant, ce tableau nous suffira pour poursuivre avec le deuxième volet de
notre questionnement portant sur la spécificité de l'icône en tant qu'objet
offert à cette forme particulière de vente qu'est un tirage au sort
3.
D'accord, mais l’icône ne constitue-t-elle pas un cas à part ?
Car, direz-vous
peut-être, s’il est vrai que l’on peut chrétiennement procéder à un tirage
quelconque - ou autre jeu de hasard (tel les bingos si populaire dans les
sous-sols d’églises catholiques québécoises)[7] – ce n’est
plus vrai pour un objet sacré tel une icône.
Pour répondre à
cette question, il convient d’abord d’établir une distinction entre objet
religieux et objet sacré. Nous
pourrons ensuite situer le type particulier de vente d'icônes qu'est un
tirage.
3.1. Distinctions possibles entre sacré et
religieux
3.1.1.
Arts et objets d'art sacré et religieux
Les distinctions entre le sacré et le religieux et, partant, entre les
modes de leur expression artistique, varient selon les positions discursives
des personnes et des groupes qui les émettent.
Il s'agit donc de vues de l'esprit ou de perspectives permettant
d'organiser la réflexion et non pas de catégorisations fixes et définitives
qui les enfermeraient sur elles-mêmes.
Ces divers registres de significations créent des configurations
complexes et dynamiques qui ne s'excluent pas, mais s'enrichissent
mutuellement.
Cette mise au
point étant faite, nous retiendrons les distinctions suivantes pour les
besoins de notre exposé.
Le but de l'art
sacré est de créer un pont, d'engager une relation dynamique avec le
Sacré Pur (Dieu, le Divin, le Transcendant...).
On parlera aussi de réponse co-créative donnée aux dons divins de la
création, de moyens pour soutenir l'élévation spirituelle ou le souvenir des
choses d'en-haut, etc.
[8]
L'art sacré
s'exprime de différentes manières - danse, peinture, musique, architecture,
sculpture, etc., et, donc, notamment dans la production d'objets incluant
toutes les formes d’images.
En lien à ce
caractère sacré, l'icône est souvent dite 'théologie de la Présence' –
présences intentionnelles (non substantielles) et plurielles car nécessitant
un jeu d'appel-réponse entre la personne qui prie et Dieu qui prend
l'initiative de cette rencontre.[9]
L'image devient alors espace actif de médiation entre le sacré et le
profane.
Un caractère
sacré est également rattaché à la production même de l'icône.
On dira que celle-ci est
consacrée avec et par la prière de
l’iconographe et, donc, avant que la bénédiction rituelle la fasse entrer
dans l'espace cultuel de l'Église.
Sa consécration se poursuit ensuite par la prière des personnes qui
entreront en relation avec le prototype de l'image.[10]
La distinction
entre art sacré et art religieux n'existe pas en Orthodoxie comme c'est le
cas en Catholicité. On peut
cependant faire remarquer que le vocable même (religieux) signifie son
association à religion particulière.
C'est la bénédiction, faite
par un ministre du culte et suivant une forme ritualisée, qui fait entrer un
objet dans l'espace cultuel de l'Église.
Il devient ainsi un sacramental.
On bénit généralement une icône dans le cadre d'une célébration
eucharistique en la plaçant sur l'autel.[11]
En catholicité,
on établit une hiérarchisation entre art sacré et art religieux, le premier
constituant le sommet de l'expression du second.[12]
De son côté, l'Église orthodoxe, on l'a dit, ne fait pas de
distinction entre les deux formes et parlera exclusivement d'art sacré,
compris ici comme étant relié à la pratique cultuelle officielle de cette
Église.[13]
3.1.2.
L'icône, un
sacramental
Les confessions catholique et orthodoxe reconnaissent aux icônes un
caractère sacramentel mineur[14].
On parlera alors de sacramentaux.
Dans la doctrine
catholique romaine, les sacramentaux sont définis comme
des signes sacrés par lesquels, selon une certaine imitation des sacrements, des effets surtout spirituels sont signifiés et sont obtenus par la prière de l’Église. Par eux, les hommes sont disposés à recevoir l’effet principal des sacrements, et les diverses circonstances de la vie sont sanctifiées.[15]
On distingue
trois catégories de sacramentaux : les bénédictions de
personnes, de lieux ou d’objets (ex : chapelets, images pour la dévotion
privée, médailles, etc.), les
consécrations officielles et durables de personnes, de lieux ou d'objets
(ex : vases et vêtements liturgiques, cloches, saintes huiles, etc.) et,
enfin, les exorcismes, à
comprendre ici comme protections.[16]
En catholicité,
l'icône appartient à la première catégorie car elle n'est pas reliée
explicitement et obligatoirement au culte officiel de l'Église, bien que
certaines célébrations liturgiques puissent lui faire jouer des rôles
variables. Son usage n'est pas
normatif et universel, mais relève de la juridiction ecclésiastique locale.[17]
En contexte
orthodoxe, l'icône appartiendrait à la seconde catégorie de sacramentaux du
fait qu'elle est explicitement rattachée à toutes les formes de culte,
incluant
Soulignons en
terminant l'importance de la bénédiction de l'icône qui, en tant
qu'explicitement reliée à l'objet et à ses utilisateurs, en fait un
sacramental au sens technique du terme.
En principe, ce caractère protège du risque d'idolâtrie.
3.1.3.
Conclusion : les saintes icônes
Dans la pratique
langagière des deux confessions, on retrouve souvent la simple et lumineuse
expression "saintes icônes" pour qualifier ces images du Christ, de
la Mère de Dieu, des anges des saints et des saintes réalisées selon le
style de l'Orient chrétien.[19]
Cet usage
remonte au horos (définition dogmatique) du Concile œcuménique de Nicée II, dit
Concile sur les Images, promulgué le 13 octobre 787 :
Nous
définissons donc en toute justesse et rigueur que, semblablement au type de
la Croix vénérable et vivifiante, il faut vouer [à Dieu] les saintes et
vénérables icônes...
[20]
Elles sont ainsi dites saintes du fait qu'elles amènent en présence
(re-présentent, présentifient[20.1]
) des personnes sanctifiées.
On retrouve ici l'idée avancée plus haut selon laquelle la vénération
accordée à une image remonte à l'original de cette image.
En contexte chrétien, toute icône d'une sainte personne est à
l'ultime icône du Christ-Dieu, prototype de tout humain (image) et
archétype de l'humain à l'apogée de sa croissance (ressemblance).
Le horos de Nicée II
décrit également la finalité de
l'usage de ces saintes et vénérables icônes, lesquelles
sont utiles pour rendre plus croyable l’Incarnation, réelle et non fictive [véritable], du Verbe de Dieu, et pour nous procurer un grand profit. Car les choses qui renvoient mutuellement l’une à l’autre [à savoir l'Évangile et les Icônes] ont de toute évidence la même signification l’une que l’autre.[21]
3.2.
Vente d’objets sacrés ou religieux incluant les icônes
Les deux Églises,
orthodoxe et catholique, procèdent à la vente d'icônes à des particuliers.
En principe, une éthique du juste prix encadre ces transactions
financières.
La vente d'une icône suppose l'échange d’un objet contre de l’argent.
Il en va de même pour un tirage.
Un tirage d'objet est donc une forme particulière de vente.[22]
Par conséquent,
considérant, d'une part, ce qui a été dit précédemment sur les principes à
respecter pour qu'un tirage soit conforme à la morale chrétienne et, d'autre
part, ce qui vient d'être présenté concernant la transaction financière
d'objets religieux avant la bénédiction qui en fera des sacramentaux, nous croyons
qu'il est légitime de proposer une icône en tirage comme mode de soutien
financier à la mission de l'Institut Périchorèse.
3.3.
Une alternative : la pratique de l’offrande
Dans le monde
iconographique, on parlera souvent d’offrande en échange d’une icône.
Plusieurs iconographes choisissent en effet de ne pas fixer de prix,
remettant cette décision au bénéficiaire qui détermine alors un montant jugé
juste à la lumière de ses besoins spirituels et de ses capacités financières.
Dans ce contexte, on parlera alors d’offrande en échange de l’icône.
Cette pratique vise à dé-mercantiliser la vente d’icônes afin d’en
préserver la valeur spirituelle.
Cette manière de
faire rejoint l’état d’esprit qui est le nôtre avec les tirages annuels et
propose une alternative à la notion de vente proprement dite.
En début de texte, nous avons dit en effet que les argents ainsi
recueillis soutenaient les projets de formation de l’Atelier d’iconographie.
En achetant des billets, les personnes encouragent donc directement
la transmission de l’héritage iconographique chrétien en ‘terre québécoise’.
Dans cet ordre d'idée,
4.
Conclusion : Une option pour l'ouverture
Enfin, et ceci
servira de conclusion générale à notre discussion, une autre dimension non
négligeable du questionnement est celle du risque de l’usage qui sera fait
de l’icône par le gagnant ou la gagnante du tirage.
C'est une objection courante que cette crainte que l'icône ne tombe
entre de 'mauvaises mains' du fait qu'elle est ainsi offerte à un public
élargi et non pas réservée à des milieux pratiquants ou à des gens qui en
connaissent la valeur spirituelle.
Pour notre part,
nous sommes fidèles au principe d’ouverture qui prévaut dans le recrutement
des élèves de l’Atelier d’iconographe et dont on trouvera les fondements
théologiques dans notre document
Périchorèse, pourquoi ce nom ?
Nous croyons
ainsi respecter l'esprit du concile de Nicée II dont nous avons parlé plus
haut, lequel décrète, dans le même
horos que celui cité précédemment, que :
...
il faut vouer (à Dieu) les saintes et vénérables
icônes faites selon ce qui convient,
de couleurs, de mosaïques, de pierres ou d’autres matériaux, que ce soit
dans les saintes Églises de Dieu, sur les ustensiles et les vêtements
sacrés, sur les murs et les planches de bois, ou dans les maisons et sur
les chemins; et aussi bien les icônes de notre Seigneur, Dieu et Sauveur
Jésus-Christ, que celle de Notre Dame
Ainsi, semblablement à l’usage de la
distribution généreuse, bien que prudente, du Pain eucharistique en Catholicité – ‘matériel’ sacré s’il en
est puisque Catholiques et Orthodoxes confessent qu’il s’agit du corps
substantiel et réel de Christ-Notre-Dieu ! -, nous estimons conforme à
l'esprit des Évangiles, de Vatican II et du
horos de Nicée II de prendre le
risque d’offrir généreusement et librement le Visage du Seigneur et de ses
saint(e)s en Lui confiant simplement et avec foi la personne qui acquiert
cette icône de même que toutes les personnes qui seront en contact avec elle(s).
Michèle Lévesque
M.A. Théologie (UdeM)
08-2008
[1]
"Tirage" dans :
Nouveau Petit Robert:
Dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française,
version électronique sur CDRom, Paris : Dictionnaires Le Robert,
©1996-1997.
[2]
"Loterie" dans :
idem.
[3]
Cet article 2413
se situe dans la hiérarchie d’idées suivantes : Partie II (La vie
dans le Christ), Section II (Les dix commandements), Chap. 2 (« Tu
aimeras ton prochain comme toi-même »), Art. 7 (Le septième
commandement), Point II. (Le respect des personnes et de leurs biens).
Source : Catéchisme de
l’Église catholique, disponible sur le site officiel du Vatican,
URL :
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P86.HTM {2008-08-08}.
[5] Source : Bibles en ligne : Bible de Jérusalem, sur le site de Lexilogos, URL : http://www.lexilogos.com/bible_multilingue.htm {2008-08-08}.
[6] Conclusion de la prière traditionnelle de l’iconographe, récitée à l’Atelier avant chaque journée de travail sous la forme suivante : « Toi, Maître divin de tout ce qui existe, éclaire et dirige l’âme, le cœur et l’esprit de ton serviteur, de ta servante. Conduis ses mains afin qu’il/elle puisse représenter dignement et parfaitement ton image, celle de ta Sainte Mère et celle de tous les saints et saintes, pour la gloire, la joie et l’embellissement de ta Sainte Église », au cœur de notre monde. Pour la source de cette tradition, voir DIONYSIOS DE FOURNA, Alphonse Napoléon DIDRON (trad. et notes) à partir de la trad. de Paul DURAND. Manuel d'iconographie chretienne grecque et latine (traduction du manuscrit byzantin 'Le guide de la peinture'), N.Y.: Burt Franklin, (1845) 1963, 483 p., p. 13.
[7]
CÔTÉ, Charles avec la
collaboration de Damien MORNEAU,
Le bingo au Québec : état de
la question et pistes de solutions...,
Québec : Gouv. du Québec,
Régie des alcools, des
courses et des jeux, 17 janvier 2000, 112, p., pp. 29, 30.
Disponible à URL :
http://bibnum2.banq.qc.ca/pgq/2003/2654132.pdf
{2008-08-08}.
[8]
KRYDER, Romena.
"Sacred Art / Religious Art : Culture's role in the
universe", sur le site de Creative-Harmonics, ©2007, 3 p., p. 1, URL
:
http://www.creative-harmonics.org/art/cultures/religious.html
{2008-08-08}.
Voir aussi
TESSIER, Robert, Le
sacré, Paris / Mtl: Cerf / Fides, 1991 (Bref ; 34), 124 pp.
25-27, ÉLIADE, Mircéa. Le Sacré et le profane, Paris :
Gallimard (Idées ), 1965, etc.
[9]
SCHÖNBORN, Christoph von.
L'icône du Christ:
fondements théologiques élaborés entre le Ier et le IIe Concile de
Nicée (325-787), Fribourg: Éd. Universitaires de Fribourg,
(1976, éd. orig. allemande, 2003) 1986, 245 p..,
partie II, en particulier la section sur saint Théodore Studite,
pp. 217-234.
[10]
C'est saint Basile de
Césarée (329-379) qui, dans son
Traité sur le Saint-Esprit (PG 32, c.149C), a le premier formulé le
principe selon lequel l'honneur rendu à une image remonte à son
prototype – principe qui fut ensuite repris dans les
Actes du Concile de Nicée
II (787). Voir
SCHÖNBORN, C., op. cit, p.
144 (pour la référence à saint Basile dans le
Horos de Nicée II).
[11]
Pour des
exemples de rituels orthodoxes, voir le dossier"La bénédiction des
icônes" sur le site des Pages
Orthodoxes La Transfiguration, URL :
http://www.pagesorthodoxes.net/eikona/icones-benediction.htm
{2008-08-08} en référence à GUILLAUME,
Denis, trad.,
Grand Euchologe et
arkhiératikon, Diaconie Apostolique, Parma, 1992.
[12]
CONCILE VATICAN II. Constitution
sur
[13]
Pour une approche
critique de la réponse orthodoxe à l'art, voir
BESANÇON, Alain.
AL=icône,
le problème de l=art
religieux@,
Commentaire, v. 13(49), print. 1990, pp. 323-332, abrégé de
la section sur les icônes dans BESANÇON, Alain.
L=image
interdite: une histoire intellectuelle de l=iconoclasme,
Paris: Fayard (L=Esprit
de la cité), 1994 , 519 p.
[14]
£ Du côté orthodoxe, voir
les trois
modalités de la sacramentalité de l'icône (son devenir, sa
permanence et sa médiation) selon
BOBRINSKOY,
Boris. "L'icône,
sacrement du Royame", dans:Boespflug, François et Nicolas Lossky.
Nicée II, 787-1987 : douze siècles d'images religieuses : actes du
Colloque international Nicée II tenu au Collège de France, Paris,
les 2, 3, 4 octobre 1986, Paris: Cerf, 1987, pp. 367-374, p.
367.
£
Du côté catholique romain, voir le texte de Jean-Paul II :
«
En Orient, l'art de l'icône
continua à fleurir [au Moyen-Âge].
Cet art reste lié à des canons théologiques et esthétiques
précis, et il est sous-tendu par la conviction que, en un certain
sens, l'icône est un
sacrement : en effet, d'une manière analogue à ce qui se
réalise dans les sacrements, elle rend présent le mystère de
l'Incarnation dans l'un ou l'autre de ses aspects. »
JEAN-PAUL
II.
Lettre aux artistes…, Cité
du Vatican: Site officiel du Vatican, 1999, 14 p., art. 8,
URL:
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/letters/documents/hf_jp-ii_let_23041999_artists_fr.html
{2008-08-08}.
[15] « Les sacramentaux » In : CÉC, op. cit. art. 1667, sur le site du Vatican à l’URL : http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P52.HTM {2008-08-08}.
[16] Art. 1671-1673 dans : Idem.
[17]
CONCILE VATICAN II.
Constitution sur
[18] Pour des références choisies et des écrits de fond accessibles en-ligne concernant l'usage des saintes Icônes en Orthodoxie, on consultera avec profit le site québécois tenu par LADOUCEUR, Paul (dir.) Pages Orthodoxes La Transiguration, URL : http://pagesorthodoxes.net/ {2008-08-08}.
[19]
Pour une distinction
entre sacré (non institué) et saint (humainement institué), voir
TESSIER, R.
Le sacré, op.cit.
[20]
Traduction de
SCHÖNBORN, C. L'icône du
Christ..., op. cit., p. 145.
[20.1] Pour une discussion sur les limites du concept de représentation en iconographie chrétienne et l'alternative du terme présentification, voir MONDZAIN, Marie-Josée. Image, icône, économie: les sources byzantines de l'imaginaire contemporain, Paris: Seuil, (L'ordre philosophique), 1996, 296 p. - - Le terme de Mondzain recoupe et enrichit l'usage que fait Gadamer du concept de représentation au sens de la Darstellung. Ici, la (re)présentation en images (en oeuvres) ne diminue ni ne limite le Représenté, bien au contraire. Cf. GADAMER, Hans-Georg. Vérité et méthode: les grandes lignes d'une herméneutique philosophique, Paris: Seuil, (L'ordre philosophique), (1960) 1996, 530 p. Cette idée rejoint en partie celle d'"incarnation (ou d'humanité) de surcroît" de sainte Élizabeth de la Trinité. N.B. Ces débats autour des termes sont souvent portés par un désir de préserver la Transcendance du Divin.
[21] Idem (en italiques dans le texte).
[22] Au sens d'une transaction impliquant des revenus pour le vendeur de billets de loterie. Cf. Gouv. du Canada / Agence de revenu du Canada. "IT404R. Paiements aux vendeurs de billets de loterie", 31 mars 1981, URL : http://www.cra-arc.gc.ca/F/pub/tp/it404r/it404r-f.html) {2008-08-08}.
Agence de revenu du
Canada. "IT404R. Paiements aux vendeurs de billets de loterie",
Ottawa : Gouv. du Canada, 31 mars 1981, URL :
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LÉVESQUE, Michèle. Faire tirer une icône… un contresens ? Montréal : Institut Périchorèse, août 2008, 12 p., disponible à l’URL : www.perichorese-icones.org
Tout comme nous, vous vous interrogez sans doute sur la légitimité de procéder au tirage d'une icône en raison de son caractère sacré. Nous vous invitons à partager notre réflexion sur ce sujet. Le texte qui suit explique les raisons qui font que l'Institut Périchorèse s'autorise à proposer un tel tirage. N'hésitez pas à partager vos commentaires avec nous.