Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie
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Texte du jeudi 2010-06-10 (22h33)

Une par une et par le cœur

 

 

Une amie vient de me faire parvenir la lettre que sœur Marguerite Rivard , v.c.f., a envoyée au Cardinal Marc Ouellet en réaction aux prises de position de ce dernier sur l'avortement.  Vous trouverez la version intégrale de cette lettre déposée aujourd'hui sur le site de La Presse par Vincent Marissal (1). 

 

Sœur Marguerite a vécu plus de trente-cinq ans comme moniale Clarisse, un ordre contemplatif féminin de la famille franciscaine.  Une fois sortie de communauté, elle ne renonce pas à ses voeux et se dévoue désormais auprès des femmes détenues en milieu carcéral. *

 

La lettre de soeur Marguerite pose des questions de fond sur la pratique concrète de l’Église officielle en matière d’avortement, une invitation urgente à agir en faveur de toutes les personnes et non seulement à défendre des idées les concernant.  

 

Cela dit, un débat (et toute la question semble liée à ce concept) fécond, ouvert et honnête en démocratie suppose que l'on entende toutes les voix impliquées sans en caricaturer aucune.  C’est pourquoi je vous invite à écouter également les propos qui sont à l’origine de ces réactions passionnées.   

 

  1. Le premier document est un enregistrement vidéo de la conférence de M. Ouellet au Congrès 2010 de Campagne Québec-Vie (2) le 15 mai dernier (en page 4).   

  2. Le second, présenté dans la rubrique Société du site de Radio-Canada (3), est une conférence de presse donnée par le Cardinal le 26 mai 2010 en réponse aux dénonciations suscitées par son premier propos.

  3. Pour un résumé de sa pensée sur ce sujet, voir aussi la lettre pastorale antérieure publiée sur le site du journal Le Jacques Cartier (4) le 16 mars 2009 (section 2, « Excommunication au Brésil »). 

 

 

Tous ces commentaires sont à situer dans leur registre respectif afin de bien entendre les enjeux de vie que chacune des parties défend par son propos.

 

* * *

 

Ces documents posent des questions vitales à quiconque se préoccupe de rendre visible en ce monde le Visage du Dieu de Jésus-Christ – ce qui est bien la mission centrale des iconographes, des iconophiles et de notre Institut.   

 

J’ai lu et entendu les messages de sœur Marguerite et du Cardinal en me rappelant que, depuis Nicée II (787), la spiritualité de l'icône est fondée sur la véracité de l'Incarnation qui est d’abord et avant tout un engagement indéfectible de la sollicitude concrète de Dieu pour chaque personne humaine, en particulier celles que l'injustice marginalise.  Il les cherche inlassablement, une par une et par le cœur.  Cette quête personnelle et passionnée est inscrite dans l’éternité de la Vie divine car l’Incarnation du Verbe est permanente insiste le concile de Chalchédoine (451). Pour toute l’éternité, une humanité concrète et personnelle est lovée au coeur de la divinité, celle de Jésus de Nazareth et, partant, celle de son Corps tout entier, sans division, opposition ni confusion.  C’est là un des crédos central de la foi chrétienne.

 

‘De quelle personne il s’agit’ est bien évidemment l’enjeu et le cœur de la problématique sur l’avortement, une problématique qui existera tant et aussi longtemps que nous nous dirons en démocratie et que des voix s’élèveront pour ou contre ce que l’on tient pour vrai ou faux dans les limites de nos discours. 

 

Pour ma part, je retiens ceci : le cri du cœur de sœur Marguerite est en résonnance avec le leitmotiv de l’Église catholique sur le respect de la personne et son inaliénable droit à la vie.  Mais nous parlons ici de personnes concrètes et non seulement de l’idée d’humanité qu’elles véhiculent.  La question de la religieuse franciscaine va au cœur du réel en en appelant à l’engagement concret et non seulement théorique des officiels de l’Église - tous mâles par tradition et par décrets, est-il nécessaire de le rappeler ? - invités à poser des gestes précis de solidarité envers les femmes de chair qui vivent la tragédie d’une grossesse non désirée, quelles qu’en soient les circonstances et à plus forte raison si la nouvelle vie ainsi engendrée l’est par et dans la violence, la haine et l'esprit de mort.

 

 

Bonne réflexion ! 

 

Michèle Lévesque

théologienne et iconographe

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Adresses complètes des hyperliens de ce texte

  1. http://blogues.cyberpresse.ca/marissal/2010/06/10/soeur-marguerite-pourfend-le-cardinal/

  2. http://www.cqv.qc.ca/fr/category/etiquettes/congres-2010

  3. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/05/26/002-avortement-mgrouellet.shtml

  4. http://www.lejacquescartier.com/article-314281-Le-Cardinal-Ouellet-prend-position.html

Source des images

  1. Photo soeur Marguerite : http://198.103.98.138/text/benevols/archive/2010/tay-fra.shtml (page 2)

  2. Photo cardinal Ouellet : http://www.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/200905/06/69423-mgr-marc-ouellet.jpg

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