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Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie

 

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Un humble balai pour faire re-voler le Vent !

Instantané du Carnet web - 31 janvier 2013

 

 

 

Une aube un hiver *

 

 

Le 31 janvier 2013, j'ai publié dans la page Facebook (FB) de Périchorèse une méditation de Normand Décary-Charpentier.  Normand écrit tous les jours un commentaire de l'Évangile du jour sur le site du Sanctuaire Marie-Reine-des-Coeurs à Chertsey, QC.  Aujourd'hui, son texte porte sur l'évangile de Marc (4, 21-24) et s'intitule La mesure de la Lumière.  

 

Cette publication a suscité l'échange suivant entre Normand et moi.  Dans le dialogue qui suit,  Normand est et je suis .

 

 

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Voici le dialogue

 

 

 Normand, j'ai mis ta médiation de l'Évangile de ce jour, que j'ai trouvée très belle, sur le site de Périchorèse :

 

Méditation de l'Évangile du jour avec Normand Décary-Charpentier sur le site de Marie-Reine-des-Coeurs de Chertsey, Québec.  

Thème du jour : Mc 4, 21-23 - La mesure de la lumière.

 Extrait :

 "La joie de la lumière qui est ténèbres se vit en égoïste et dans le secret. Elle détourne les yeux devant le vrai, le beau, le bien, l’unité. Tout comme le touriste sexuel qui s’envole loin pour ne pas être vu et tout garder dans le secret, s’imaginant que sa mémoire ne viendra pas crier dans son esprit les regards d’enfants sans yeux."

 

   Si les gens savaient le don de Dieu, et le bonheur qu'il y a à vivre de sa présence, ils se précipiteraient pour le connaître, lui qui est déjà en eux. Et si ceux qui le connaissent ce bon Jésus ne prenaient pas le don qu'ils ont reçu de le connaître comme un privilège vis-à-vis de leur personne mais comme une responsabilité de vivre de cette présence et un devoir de la rayonner afin que tous ceux qu'ils croisent partagent ce bonheur... il y a tellement de belles personnes en humanité qui feraient tellement mieux que moi si elles avaient vécu une rencontre avec lui... C'est pourquoi, je suis toujours heureux de partager mes modestes méditations... écrit avec un fusain encore brûlant...

 

   Tu as raison sur le fait que plusieurs belles personnes en humanité font beaucoup et, oui, pourquoi pas, mieux.  Mais l'important est de faire.  Et pour le chrétien, ce faire est l'annonce de la Bonne Nouvelle et tu le fais très bien, à ta façon unique.  Quand Dieu n'aura plus besoin de toi, il te mettra comme un balai derrière la porte, comme le dit si bien sainte Bernadette Soubirous dont je viens tout juste de terminer une petite icône.  Mais pour l'instant, tu as encore bien de jolies poussières d'étoiles à faire revoler au Vent avec ton humble balai !

 

  ...  Et c'est pour cela, parce que nous sommes des pinceaux - disons : des petits balais miniatures ! - que l'iconographe inscrit sa participation au dos des icônes avec la mention "par la main de".  Il ou elle dit ainsi qu'elle y était, avec sa manière spécifique de peindre et de prier l'icône, mais que c'est l'Esprit Saint qui écrit celle-ci.  C'est une "admirable synergie" pour reprendre l'expression du père Schönborn.  L'iconographe est derrière l'Image pour que toute la place soit laissée à l'Esprit, que l'espace de l'avers reste sacré pour la rencontre du priant et de la priante avec Dieu.  Mais sans ce Pinceau spécifique cette prière, cette rencontre, cette re-présentation, ne pourrait pas se faire.  Comme disait Mariko-san à Blackthorne dans Shogun : "Cette aube est unique, Anjin-san. Il y aura des milliers d'autres aubes. Mais celle-ci restera la seule qui soit cette aube-là."  Quelque chose comme ça.  J'aime ça !

 

  Saint Paul ne dit-il pas de toujours considérer l'autre comme supérieur à nous-même...  Il l'est parce qu'il a quelque chose d'unique que nous ne pouvons avoir comme c'est le cas pour nous et ce n'est qu'en regardant l'autre avec son plus que nous pouvons nous mettre à son écoute silencieuse et balayer avec lui la lumière qui obstrue la transparence pour laisser la lumière de l'Être briller dans notre être pour tous les êtres, de la cellule à la montagne, au chat et au lion, au prochain et au lointain.

 

   J'ai vécu au tout début de ma rencontre avec le Seigneur, cette expérience d'être un instrument dans les mains du Seigneur et c'est ce vers quoi je marche, de le redevenir... pour cela il faut retrouver cette enfance dont Thérèse vivait si bien.

 

 

 

Sainte Bernadette Soubirous - Sainte Thérèse de Lisieux

 

 

 

Michèle Lévesque, théologienne et iconographe

et Normand Décary-Charpentier, théologien et poète

 

2013-01-31

 

 

* Photo : Une aube un hiver à Baie-des-Sables, Gaspésie QC.  Par Michèle Lévesque, 10 décembre 2012.

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