2014-06-05/08 "Le Christ de l'Unité" - Une icône de Périchorèse au Patriarcat d'Antioche (Liban). Billet du Carnet Web de Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie 1

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"Le Christ de l'Unité"

Une icône du Christ Sauveur de Périchorèse

 au Patriarcat d'Antioche  

Billet du Carnet web - 5-8 juin 2014


Le 14 sept. 2014, une autre icône écrite à l'institut Périchorèse à été offerte à l'Église Orthodoxe d'Antioche.



Christ Bon Pasteur, main de Virginie Desjardins.

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Icône du Christ Sauveur par la main de Michèle Lévesque, 2010.  Écrite d'abord spécifiquement pour l'Atelier d'iconographie Périchorèse-In-Chora, cette icône a récemment été offerte à Mgr Silouane, évêque orthodoxe de Buenos Aires, puis remise à son éminence Jean X, chef du grand patriarcat d'Antioche auquel est rattachée l'église Saint-Georges-d'Antioche de Montréal où se trouve notre Atelier d'iconographie.  

 

L'icône du Christ dont il est question ici est appelée "Le Sauveur".  C'est le modèle qui est utilisé à notre atelier d'iconographie pour la formation ICO 101, Écriture d'une première icône.  L'icône du Sauveur est un détail de l'icône du Pantocrator dont on voit un exemple ci-contre.  Dans l'icône du Sauveur, nous voyons le Christ en buste, sans le Livre ou la main bénissante comme sur le grand Pantocrator.  Le prototype de l'icône du Christ Sauveur nous vient de l'iconographe russe Andreï Roublev qui, vers 1410, a peint un Christ Pantocrator sur un grand panneau de bois, lequel a été partiellement détruit, mais en laissant miraculeusement le buste (visage et épaules) intact.   

 

Entre le 29 avril 2010, date de la fermeture de notre local sur la rue Queen-Mary à Montréal, et la reprise de nos activités en septembre de la même année à l'église Saint-Georges d'Antioche de Montréal, deux icônes ont été écrites pour l'Institut Périchorèse.  La première est le Grand Pantocrator avec le Livre ouvert, que l'on voit ci-contre et qui se trouve également sur la page d'accueil de notre site internet.  La seconde est le Christ Sauveur dont il est question ici et dont on voit l'image plus haut.  

 

Pour la première, il nous paraissait important d'avoir une véritable icône du Pantocrator, et non une reproduction comme jusqu'alors, icône qui puisse servir d'emblème et de protection pour l'Institut qui, on se rappellera, est depuis 2006 la continuité de l'Atelier du Pantocrator fondé par soeur Denise Rioux le 2 février 2002.   Le Pantocrator, tellement vénérée par la première fondatrice, a toujours été l'inspirateur de toute notre oeuvre.  

 

Pourquoi alors avoir écrit une deuxième icône, du Sauveur cette fois ?  Au départ, il ne s'agissait que d'une inspiration.  Nous venions non seulement de déménager, mais aussi de procéder à une réorganisation administrative en profondeur de notre Institut et nous étions plus conscientes que jamais que notre fondement se trouvait dans le Visage du Christ, visage doux et humble à l'image du coeur de notre Dieu, comme le dit l'inscription dans le Livre de notre icône du grand Pantocrator.  Les deux icônes sont restées à l'Atelier depuis l'automne 2010 et c'est toujours le Grand Pantocrator qui, avec la Mère de Dieu In-Chora, écrite en 2012 et que l'on voit ci-contre, accueillent élèves et visiteurs qui viennent chez nous.

 

Si le Grand Pantocrator est toujours là, la petite icône du Sauveur a pour sa part suivi une autre route. 

 

En mai 2014, l'église Saint-Georges de Montréal a accueilli son Éminence Mgr Silouan, évêque de Buenos Aires.  Pour célébrer cet événement, l'Institut Périchorèse a décidé d'offrir une icône à Mgr Silouan.   Écoutons Diane Poulin, présidente de l'Institut Périchorèse et enseignante à l'Atelier d'iconographie, raconter de quelle façon cette icône du Sauveur a été choisie pour faire ce cadeau : 

 

Nous avions une icône de la Mère de Dieu... et quatre icônes du Christ Pantocrator.   Michel [Sarkis], père Jean [El Muir] et moi avons placé les icônes sur une table... Je ne sais comment expliquer, mais, nous avons été 'appelés' par cette icône. Je dis bien 'appelés'... car, à chaque fois que nous regardions les autres icônes, notre regard était continuellement attiré par la douceur du regard de Notre-Seigneur sur celle-ci... comme si le Christ nous disait: "C'est ma Voie..."

 

L'icône écrite pour la naissance de l'Atelier Périchorèse In Chora s'est donc retrouvée à Chicago pour la naissance d'un nouveau patriarche pour l'Amérique du Nord.  Son Éminence Mgr Silouan l'appelle l'icône de l'unité.  L'icône a continué son périple et elle est maintenant chez son Éminence le grand Patriarche Jean X, à son siège du Liban, au monastère Notre-Dame de Balaman.  Ce lieu est également une très grande université et un centre de théologie reconnu mondialement dans le monde orthodoxe oriental. 

 

Voici deux photos prises à l'église St-George, suivies de d'autres provenant du site Antiochan.org  montrant le synode de Chicago et le patriarcat au Liban. 

 

 

En haut : deux photos du Synode de Chicago présidé par Mgr Silouane, évêque de Buenos Aires, avec l'icône au centre de la table. En bas : Photos 1 et 2 : Église Saint-Georges-d'Antioche de Montréal : don de l’icône du Christ Sauveur « de l’Unité » à Mgr Silouane par père Jean El Muir et Diane Poulin. - - Photos 3 et 4 : don de l’icône par Mgr Silouane à son Éminence Jean X, patriarche de l'Église d’Antioche au Liban. Cliquez sur l'image pour détails.

 

 

Toute l'histoire de cette icône, dont une partie seulement est racontée ici, nous rappelle que nous ne connaissons pas la destinée, finale ou transitoire, des icônes écrites par nos mains.  Elles pourront finir brulées, saccagées ou profanées comme elles le furent lors des périodes iconoclastes, anciennes et modernes, mais elles peuvent aussi,  à l'image de cette humble icône écrite par la main d'une iconographe de tradition catholique romaine, en venir à symboliser l'unité chrétienne et universelle dans une assemblée de dignitaires ecclésiastiques orthodoxes.   Nous ne pouvons que nous réjouir que le travail de nos mains ait servi pour la "gloire, la joie et l'embellissement de la sainte Église" du Christ, en contribuant à cette unité spirituelle pour laquelle notre Seigneur a tellement prié la veille de sa passion. 

 

 

 

Michèle Lévesque et Diane Poulin

 

cr 5-8 juin 2014, nouv. version 12 nov. 2014

 

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