2014-10-24 Saint Théodore Studite et la vision du Christ en Gloire / Saint Theodore Studite and the Vision of Christ in Glory.  Billet du Carnet Web de Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie
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Saint Théodore Studite
et la vision du Christ en Gloire

Saint Theodore Studite
and the Vision of Christ in Glory

 

Billet du Carnet web - 24 octobre 2014

 

Images 1) Saint Théodore Studite (mosaïque du XIe siècle) / St Theodore the Studite. 11th-century. Mosaïque / Mosaic, Monastère Nea Moni Monastery, Chios. Source : Wikipedia,  2) Icône / Icon : Christ en Gloire / Christ in Glory. Andrei Roublev, ±1410.  Les hyperliens de référence sont donnés plus bas, en fin de ce document / Hyperlinks for reference are given below, at the end of this document.

 

Ce texte a été d'abord publié dans le Journal de la page facebook de Périchorèse.  Ce qui suit est la transcription de cette publication originale, faite en français et en anglais le 24 octobre 2014, avec l'image d'accompagnement. 

This text was first published in the Journal of the facebook page of Périchorèse. The following is a transcript of the original publication, made in French and English on October 24, 2014, with the accompanying picture.

 

(ENGLISH follows)

 

Saint Théodore Studite (IXe siècle), le dernier grand défenseur des icônes au cours de la deuxième phase de l’iconoclasme byzantin, luttait contre la pensée origéniste. Cette hérésie hiérarchisait les vues humaines de Dieu au point de les opposer. Les Origénistes parlaient de deux catégories d'humains, soit 1) les éclairé(e)s, supérieurs car contemplant Dieu par la seule vision intellective (intellectuelle, par le νοῦς) et 2) les charnel(le)s, plus faibles et ayant de ce fait besoin de la vision sensible. Les derniers étaient considérés par les Origénistes comme étant de bas niveau et leur méthode peu apte à les conduire à la vision béatifique et à l’union à Dieu (théosis).

Dans cette logique, l’icône de bois peinte, qui montre Christ-notre-Dieu sous son aspect humain, comme dit saint Jean Damascène, recevait une sentence sévère. En montrant le Verbe sous son aspect humain, l’icône apporte une humiliation supplémentaire à Dieu, disaient-ils. Ils soutenaient que l'humiliation volontaire du Fils de Dieu, en son unique incarnation en la Vierge Marie, suffisait et que continuer ces représentations selon la chair constituaient une offense à Dieu qui ne doit être adoré qu'en Esprit, comme Jésus l'a dit.

S’appuyant sur le travail des Pères de l’Église grecque et des sept grands conciles œcuméniques (325-787), saint Théodore Studite répondit aux Origénistes avec une formule forte et audacieuse en affirmant que "Si l'intellect ne voit pas le Christ assis à la droite de Dieu sous l'aspect d'un homme [anthropos], il ne lui rapporte aucune vénération du tout. Au contraire, il nie que le Verbe s'est fait chair." Et, ajoutait-il, l'icône n’est pas un manque de respect pour Dieu, bien au contraire, car elle est "le témoin fidèle de ce que le Verbe s'est fait semblable aux hommes". (1)

L’icône de bois peinte est donc le témoin de l’Incarnation "réelle et non fictive" comme la qualifiait le horos (définition dogmatique) du concile de Nicée II (787) appelé le Concile des Saintes Images (Icônes). L’incarnation divine n’est pas un acte transitoire, éphémère ou une simplement concession pédagogique en raison de notre faiblesse, mais le choix libre que Dieu a fait de faire sienne notre condition en son Fils, lui donnant par Lui valeur d’éternité. Le CÉC (Catéchisme de l’Église catholique) de 1992 reprend cette idée fondamentale pour l’Église, catholique et orthodoxe, en disant que "La dernière apparition de Jésus se termine par l'entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine". (2)

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N.B. The following is a loosely English translation from the French text above. So, quotations are made in single quotes.

Saint Theodore Studite (ninth century), the last great defender of icons during the second phase of the Byzantine iconoclasm, struggled against the origenism thought. This heresy not only prioritized, but in fact opposed two kind of human views of God : A) one was said for the enlightened ones, enriched with the intellective vision (νοῦς), and B) one for the carnal ones, being so weak that they only have access to a sensitive and visual view. The second way was considered by Origenists as low-level and ill-suited to lead to beatific vision and union with God (theosis).

In this logic, the icon of painted wood, which shows Christ our God on his human aspect, as said saint John of Damascus, received a severe sentence because, Origenists said, in showing the Word in its human aspect, icons brought additional humiliation to God. They argued that the voluntary humiliation of the Word in his unique Incarnation in the Virgin Mary was enough, and that all our iconic representations are offense to God who has to be prayed only in Spirit, as Jesus asked.

Building on the work of the Fathers of the Greek Church and on the seven great ecumenical Councils (325-787), saint Theodore Studite responded to Origenists with a strong and bold formula stating that ‘If the mind (the intellect) does not see Christ our Lord sitting at God's right in the form of a man [anthropos], it brings him no reverence at all. Instead, he denies that the Word became flesh.’ He added that the icon is not a lack of respect for God, on the contrary for she is ‘the faithful witness of the divine Incarnation.’ (2)

So, the painted icon is the witness of the Incarnation "real and not fictitious", as described the horos Council of Nicaea II (787) on the Holy Images. The incarnation is not a transient act, ephemeral or simply an educational concession to our weakness, but the choice that God makes freely, taking our condition in himself in the Christ Jesus, so giving it an eternal value. The CCC (Catechism of the Catholic Church) of 1992 repeats this basic idea, fundamental for the whole Church, Catholic and Orthodox as well, saying that "The last appearance of Jesus ends with the irreversible entry of his humanity into the glory divine." (3)

 

Michèle Lévesque

théologienne et iconographe

24 octobre 2014

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Sources (1) Saint Théodore Studite, présenté et traduit par / presented and translated by Christoph Schönborn dans / in : L'icône du Christ : fondements théologiques …, ÉUF, 1986, p. 229 / In English : God's Human Face: The Christ-Icon… (2) Article 659 CÉC : http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P1Q.HTM (in French), http://www.vatican.va/ archive / ccc_css / archive / catechism / p1s2c2a6.htm  (in English).

Images 1) Saint Théodore Studite (mosaïque du xie siècle) / St Theodore the Studite. 11th-century. Mosaïque / Mosaic, Monastère Nea Moni Monastery, Chios. Sources : Wikipedia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Théodore_Studite#mediaviewer/File:Studite.jpg  2) Icône / Icon : Christ en Gloire / Christ in Glory. Andrei Roublev, 1410, http://www.video-du-net.fr/peinture/images/tableaux-celebres/roublev/rublev_christ_tretyakov.jpg