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Jeudi 4 avril 2013  

 

Un prêtre que je n'ai vu qu'une seule fois dans ma vie traversa, un matin, ma chambre à Neuilly et me dit : Dites-moi un mot que je puisse emporter en voyage.  Et je lui dis : Eh bien ! Que Dieu, que Dieu vous soit neuf, chaque matin !  Et il disparut, pressé qu'il était d'aller prendre son train.  Il est mort depuis lors, et je m'émeus de penser que le seul lien entre lui et moi a été ce mot : Que Dieu vous soit neuf, chaque matin ! 

 

En effet, il est impossible de concevoir une religion vivante si Dieu ne nous est pas neuf, chaque matin. Nous nous lassons du déjà vu, nous éprouvons constamment le besoin d'un renouvellement.  Et un amour qui chaque jour ne découvre pas dans le visage aimé un trait encore inaperçu est bientôt condamné à mort.

 

 

  Maurice Zundel (1961)   "Dieu c’est quand on s’émerveille" (homélie prononcée à Notre Dame du Valentin, Lausanne, le 5 février 1961). Dans : Ton Visage ma lumière, Paris : Desclée, 1989? Citation publiée sur le site mauricezundel.ca.

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Mercredi 3 avril 2013

 

Ce fut le motif invoqué par Vigilantius et rapporté par saint Jérôme dans le livre écrit contre lui : "C'est un rite presque païen que nous voyons s'introduire sous prétexte de religion.  Ils adorent, en la baisant, je ne sais quelle poussière enfermée dans un petit vase enveloppé dans un linge précieux."  Contre quoi Jérôme écrit : "Nous n'adorons pas les reliques des saints, ni non plus le soleil, la lune ni les anges" d'une adoration de latrie*.  Mais nous honorons les reliques des martyrs, afin d'adorer celui dont ils sont les martyrs ; nous honorons les serviteurs afin que l'honneur rendu à ceux-ci rejaillisse sur le Seigneur."  Ainsi donc, en honorant les reliques des saints, nous ne tombons pas dans l'erreur des païens qui rendaient aux morts un culte de latrie.

 

[…]

 

Le corps mort d'un saint n'est pas identique numériquement à son corps vivant, lequel avait une forme différente : l'âme. Mais il est le même par identité de matière, laquelle sera de nouveau unie à l'âme, sa forme.  

 

 

* Le culte de latrie est un culte d'adoration qui ne s'adresse qu'à Dieu seul.  Par opposition, un culte de vénération ou d'honneur (dulie) s'adresse aux saintes, saints, anges et certains objets religieux, telles les reliques et les icônes.  Cet argument 'latrie versus dulie', de même que celui de l'honneur remontant à Dieu, le prototype, est celui-là même que saint Jean Damascène (676-749) et les autres défenseurs de l'icone utilisèrent contre les iconoclastes.  Le schisme entre l'Orient et l'Occident chrétiens (1054) vient d'ailleurs en grande partie d'une mauvaise traduction, sous Charlemagne, du terme grec utilisé au Concile de Nicée II (787) pour désigner le culte des icônes : au lieu de traduire le mot 'proskynesis' (prosternation) par dulie, on le traduisit par 'latrie' (adoration), ce qui fit passer les chrétiens d'Orient pour des idolâtres.

 

 

  Saint Thomas d'Aquin (1272-1273) "L’adoration [vénération] des reliques".  Dans : Somme théologique, partie IIIa, article 6 (solution, 1, 3).  Édition numérique des œuvres de saint Thomas d’Aquin mise à disposition sur le site docteurangelique.free.fr par les éditions du Cerf, 2004.  Note sur les icônes par Michèle Lévesque.

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Mardi 2 avril 2013

 

Il est intéressant de lire dans la Bible au chapitre 38 verset 18 du livre du Siracide ce judicieux conseil : "En effet, le chagrin peut produire la mort."  Le verset 20 ajoute : "Ne te laisse donc pas aller au chagrin, écarte-le et pense è l'avenir."  Ces propos ont été écrits au troisième siècle avant Jésus.  La meilleure des tâches, même durant la vieillesse, est de vivre. 

 

 

  Jérôme Martineau. (2013). "Vieillir : un art de vivre." Revue Notre-Dame du Cap, 122e année, mars 2013, p. 27.

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Lundi 1er avril 2013

 

On a beau être une société laïque, on ne se fait pas prier pour prendre le congé de Pâques.  Il y a des gens qui contestent la présence du crucifix à l'Assemblée nationale, mais personne ne conteste les jours fériés pour célébrer la résurrection du Christ.

...

Si Noël est devenu la fête des enfants parce qu'elle est liée à la naissance, Pâques devrait être la fête des aïeux, parce qu'elle est liée à la renaissance.  À la durée.

....

[A Pâques]  Si on fêtait nos aînés?  Tous ces gens qui ont porté leur croix durant des décennies.  Et qu'on oublie bien avant qu'ils nous oublient.

 

Ce n'est pas l'Alzheimer qui empêche les jeunes de se rappeler ceux qui les ont précédés.  C'est le manque de temps.  À Pâques, ce temps nous est donné.  Servons-nous-en pour gâter ceux qui nous ont ouvert la voie, celles qui nous ont ouvert le passage.

 

  Stéphane Laporte. (2013). "Sacré congé." La Presse.ca, 31 mars 2013.  Cet article de S. Laporte a aussi donné lieu à un échange publié dans l'Instantané du 1er avril 2013.

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Dimanche de Pâques 31 mars 2013

 

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. …

 

 

 

[E]lle se retourna, et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.  Jésus lui dit : "Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?"  Le prenant pour le jardinier, elle lui dit : "Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je l'enlèverai."  Jésus lui dit : "Marie !"  Se retournant, elle lui dit en hébreu : "Rabbouni !" - ce qui veut dire : "Maître".  Jésus lui dit : "Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père.  Mais va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu."  Marie de Magdala vient annoncer aux disciples qu'elle a vu le Seigneur et qu'il lui a dit cela.

 

 

Évangile du matin de Pâques selon saint Jean 20, 11, 14-18.  Photos : Aube de Pâques, Baie-des-Sables, Gaspésie, par Michèle Lévesque 31 mars 2013. Marie-Madeleine au tombeau le matin de Pâques - détail de la Pieta de la Cathédrale d'Évreux.

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Samedi Saint et Vigile Pascale 30 mars 2013

 

L'icône Ne pleure pas sur moi, Mère est l'icône du Samedi saint.  Jésus y est montré debout, près de Marie.  Il est figuré mort, les yeux fermés, mais ressuscitant déjà.  Il se tient debout dans ce qui parait être son tombeau, mais qui, en raison de sa couleur, pourrait aussi être la pierre de l'onction.  Le tombeau est en effet habituellement peint en ocre jaune, alors qu'ici la pierre est rouge.  Cette couleur est celle de la pierre de l'ensevelissement, un porphyre rouge, un type de marbre.  On voit une pierre de même couleur dans les icônes de la Déposition de la Croix et de la Mise au tombeau.  Cette pierre rouge de l'onction "est vénérée depuis le Moyen Age.  On pense qu’il s’agit de l’endroit où le corps de Jésus fut enveloppé par Joseph d’Arimathie avant son ensevelissement, même si la pierre en elle-même n’a été installée [qu']en 1810.  Le vendredi saint, les religieuses orthodoxes parfument la pierre et les pèlerins du monde entier y déposent et frottent des tissus afin de conserver le parfum en relique et recevoir la bénédiction de Dieu."

 

 

 

 

Sur cette icône, Christ semble émerger du roc.  Il se lève vivant du tombeau de pierre où il a été couché mort.  La pierre rouge, une forme pleine à l'origine, renforce le symbole : en ressuscitant, le Christ soulève les montagnes de douleur et de malédiction qui pesaient sur nos épaules et il pulvérise les poids lourds qui écrasent et humilient nos vies.  "La mort sur lui n'a plus aucun pouvoir" (Rm 6, 9).  Et en choisissant la vie et le bonheur plutôt que la mort et le malheur (Dt 30, 19), nous lui enlevons également son pouvoir sur nos existences. 

 

 

  Michèle Lévesque (2013).  La citation est tirée du texte de présentation de la vidéo La pierre de l'onction présentée sur le site lejourduseigneur.com. Photos : icône Ne pleure pas sur Moi, Mère, Crête, XVIIe siècle ; icône de la Mise au tombeau - préparation du corps sur la pierre de l'onction, Russie, XVIIe siècle ; icône Ne pleure pas sur Moi, Mère, main de soeur Jeannine Lebrun, rhsj, Atelier Périchorèse-in-Chora, Montréal, 2011 ; la pierre de l'onction dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, photo de Normand Décary-Charpentier, 2012.

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Vendredi Saint 29 mars 2013 - Semaine sainte

 

Mal parler de quelqu’un équivaut à le vendre. Comme le fit Judas, qui vendit Jésus pour trente deniers.

 

[…]

 

Lorsque l’on va chez une connaissance et que la discussion devient commérage, ragot… selon le Pape "cela est une vente" et la personne au centre de notre bavardage "devient une marchandise".  "Je ne sais pas pourquoi – a encore dit le Pontife Romain – mais il y a une joie obscure dans le bavardage".  On commence par des paroles de bien, "mais vient ensuite le commérage. Et commence alors cet ‘écorchage’ de l’autre".  Et c’est alors que nous devrions penser que chaque fois que nous nous comportons ainsi, "nous faisons la même chose que ce qu’a fait Judas", à savoir que lorsqu’il se rendit auprès des chefs des prêtres pour vendre Jésus, il avait le cœur fermé, il n’avait aucune compréhension, il n’avait pas d’amour, il n’avait pas d’amitié.

 

 

 

 

 

Et ainsi le Pape François est revenu sur l’un des thèmes qui lui est le plus cher, celui du pardon...

 

  Propos du pape François (2013) lors de son homélie sur le thème "Ne jamais mal parler des autres", prononcée le mercredi saint 27 mars 2013 dans la chapelle de la Domus Sanctae Marthae". Osservatore Romano, 28 mars 2013.   Images : Le baiser de Judas, mosaïque, Venise.   Détails de la mosaïque sur le thème : Gossip, trahison et pardon

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Jeudi 28 mars 2013 - Semaine sainte

 

Mon âme est triste à en mourir. 

 

 

  Jésus à Gethsémanie (Jardin des Oliviers) dans cette étape de sa Passion qu'on appelle L'Agonie.  Images : Le Christ à Gethsémanie par Bill Fulton s'inspirant d'une peinture sur le même thème de Michael O'Brien.


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Mercredi 27 mars 2013 - Semaine sainte

                           

Ce jour-là, j'ai cessé d'implorer.  Je n'étais plus capable de gémir.  Au contraire, je me sentais très fort.  J'étais l'accusateur et Dieu l'accusé.  Mes yeux s'étaient ouverts et j'étais seul - terriblement seul dans un monde sans Dieu et sans l'[H]omme.  Sans amour et sans miséricorde.  J'avais cessé d'être quoique ce soit, sauf des cendres et, pourtant, je me sentais plus fort que le Très-Haut à qui ma vie avait été liée pour si longtemps.  Je me tenais au centre de la congrégation en prière, l'observant comme un étranger.

 

[...]

 

Je suis allé près de [mon père].  Je me suis penché et j'ai pris sa main dans la mienne et je l'ai baisée.  Une larme est tombée sur ma main.  A qui était cette larme ?  A lui ? A moi ? Je ne dis rien.  Lui non plus.  Jamais nous ne nous étions compris aussi clairement.

 

 

[...]

 

Je n'ai pas jeuné, principalement pour faire plaisir à mon père qui m'avait interdit de le faire.  Mais plus encore parce que je n'avais plus de raison pour le faire.  Je n'acceptais plus le silence de Dieu.  Comme j'avalais mon bol de soupe, j'ai vu dans ce geste un acte de rebellion et de protestation envers Lui.

 

Et j'ai grignoté mon morceau de pain.

 

Dans le fond de mon cœur, je ressentais un grand vide.

 

  Elie Wiesel (1955). Night. N.Y : Bantam Book, 1982, p. 65-66. Traduction libre par M. Lévesque. Image : détail du visage d'Élie Wiesel.

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Mardi 26 mars 2013 - Semaine sainte

                           

 

Prends pitié de moi, Seigneur, je suis en détresse.  La douleur me ronge les yeux, la gorge et les entrailles. ... Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins, je fais peur à mes amis, s'ils me voient dans la rue, ils me fuient.  On m'ignore comme un mort oublié, comme une chose qu'on jette. J'entends les calomnies de la foule : de tous côtés c'est l'épouvante. Ils ont tenu conseil contre moi, ils s'accordent pour m'ôter la vie. ... Sur ton serviteur, que s'illumine ta face ; sauve-moi par ton amour. Seigneur, garde-moi d'être humilié, moi qui t'appelle.

 

 

 

 

 

Psaume 31(30), 10, 12-14, 17-18. Image : Dhomínikos Theotokópoulos dit le Greco, Jésus portant sa croix (détail), entre 1580 et 1589. ________________________________________________________________________________________   

 

Lundi 25 mars 2013

                           

Le DSM * IV affuble tout le monde d'un problème d'ordre mental et, selon ce que j'en sais, le DSM V, qui devrait sortir en mai [2013], en mettra encore plus.  Où est passé le bon sens clinique ?  Le trouble de l'adaptation, à la mode actuellement, en est un bon exemple.  Qui ne souffre pas de ce désordre avec humeur anxieuse ou dépressive lors d'une séparation, d'une perte d'emploi, d'un deuil ?  Ces gens sont-ils déconnectés de la réalité pour autant ?  Non.  Ce diagnostic est devenu un véritable syndrome-poubelle.

* DSM : Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux - le sigle DSM est l'abréviation de l'anglais Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders.

 

  Dr Yves Lamontagne  (2013). "Le bon sens clinique" (lettre au Courrier des lecteurs). L'Actualité, vol. 38(3), p. 9.   Le Dr Lamontagne est l'ex-président de l'Association des psychiatres du Québec. _________________________________________________________________________________________    

 

Dimanche 24 mars 2013

                           

Un merle chante sous ma fenêtre le cantique de l’aube.  Il dit que le monde est neuf, que l’Amour ne vieillit pas, que la vie toujours recommence et que la tendresse est une source inépuisable comme les notes liquides qui jaillissent de son gosier musicien.  Je souhaite que la Résurrection soit, en nous, ce nouveau départ dans la joie de la vie triomphante, dans le sourire de l'Amour qui fait crédit à la grâce, dans le Oui qui exorcise le non.

 

  Maurice Zundel (19??). Cité sur la page "Carême 2013 du 23 mars 2013" du site croire.com   Suggestions : (cliquez sur la deuxième vignette pour la vidéo).  Aussi :

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Samedi 23 mars 2013

                           

Sans la femme, pas d'incarnation du Verbe, pas d'incarnation des chrétiens dans le monde pour le faire avancer par le Christ vivant en eux vers une toujours plus grande paix par une plus grande justice.  Sans la femme, il n'y a pas d'utérus, pas de miséricorde, par de cordon ombilical, pas de matrice, pas de vie intra-utérine, pas de seins pour allaiter et faire grandir la multitude et la terre...le danger de l'assèchement de la vie est dans le retardement à rendre à la femme sa place entière...  Un arbre sans fruit, on le coupe...

 

  Normand Décary-Charpentier (2013). Échange Facebook le 22 mars 2013 sur le thème d'un talibanisme new-yorkais à l'oeuvre dans la vidéo en apparence de simple mauvais goût publiée sur la page FB de Amazing and Crazy Videos.

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Vendredi 22 mars 2013

                           

Beaucoup viennent chercher refuge d'un monde qui est sens-dessus-dessous.  Notre mission ici, bien sûr, c'est la prière nocturne pour le monde.  Mais c'est aussi de recevoir avec amour chaque être, tel qu'il est, sans jugement.  Je pense que notre regard, si c'est le regard d'une personne de Dieu, doit regarder avant tout ce qui est le plus précieux : la capacité de l'homme à souffrir, de voir dans chaque homme, dans chaque hypostase, dans chaque être, sa douleur.  Et chaque homme a sa douleur.  Sa croix.  On est suffoqué par tous les surrogats possible de l'amour.  Mais l'amour véritable, évangélique - qui pardonne, qui sait être patient, qui est tendre -, on ne le rencontre pas beaucoup.  Et c'est cet amour-là dont le monde, de façon inconsciente, a besoin et a soif. 

 

Vous m'avez posé la question : Qu'est-ce que le moine ?  Le moine, tel qu'il doit être, tel qu'il devrait être, ce doit être l'incarnation de cet amour-là :

 

l'amour compatissant

l'amour qui pardonne

l'amour qui reçoit

l'amour qui guérit.

  Startez Séraphim de Valaam (2012). Transcription des propos recueillis (plage 31:45 à 35:52) dans :

  François Lespes (2012). Valaam l''Archipel des moines (film). Grand Angle Production / Ikto, 2012.

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Jeudi 21 mars 2013 - C'est le printemps !   

                       

     

 

Mon bien-aimé élève la voix, il me dit :

 

"Lève-toi, ma bien-aimée, ma belle, viens. 

Car voilà l'hiver passé, c'en est fini des pluies, elles ont disparu.

Sur notre terre les fleurs se montrent.

La saison vient des gais refrains,

le roucoulement de la tourterelle se fait entendre

sur notre terre. 

Le figuier forme ses premiers fruits et les vignes en fleur

exhalent leur parfum.

Lève-toi, ma bien-aimée, ma belle, viens !"

 

  Cantique des Cantiques attribué au roi Salomon. Ct 2, 10-13 (traduction : Bible de Jérusalem).

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Mercredi 20 mars 2013  

 

Un avant-goût pour le printemps de demain ... Ce n'est certes pas un geste parfait (surtout qu'il semblerait que ce soit une pub), mais il peut donner le goût d'être meilleur.  Alors, c'est un petit pas vers plus de Vie et en ce sens il mérite d'être retenu et loué, ne pensez-vous pas ?

 

 

  Mis en ligne par MultiAccRo sur YouTube le 13 avril 2011.

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Mardi 19 mars 2013  

 

En tant que principal représentant d'une technocratie qui venait, sans s'embarrasser de scrupules, d'engager tous ses moyens contre l'humanité, j'essayai non seulement de reconnaître, mais aussi de comprendre ce qui était arrivé.  Dans mon discours final [procès de Nuremberg, 1945], je déclarai :

[...]

Le cauchemar de beaucoup d'hommes..., cette peur de voir un jour la technique dominer les peuples, il a failli se réaliser dans le système autoritaire de Hitler.  Tout État au monde court aujourd'hui le danger de passer sous le règne de la terreur né de la technique, mais, dans une dictature moderne, cela me semble inéluctable.  Par conséquent, plus le monde devient technique, plus il est nécessaire de lui faire contrepoids par l'exigence de liberté individuelle et de prise de conscience de l'individu.

   Albert Speer (1945). "Conclusion" [Discours-plaidoyer au procès de Nuremberg]. Dans : Au cœur du Troisième Reich, Paris : Fayard, 1971, p. 677.  

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Lundi 18 mars 2013  

 

En réalité, selon MacIntyre, toute tradition (fut-elle républicaine) spécifie l'existence d'un bien commun à atteindre.  Comment propose-t-il de raviver la recherche de ce bien commun ?  Par le retour à l'exercice des vertus, à la mode aristotélicienne : prudence, courage et honnêteté, et d'autres qui restent à préciser.  Pour MacIntyre, il n'y a ni moralité ni vertu qui ne fasse référence à une communauté à laquelle nous appartenons, et qui, visiblement, dans son esprit, n'est pas tant le résultat d'un choix que d'un héritage.  C'est son côté 'communautarien' qui lui fait conclure que seul le retour de saint Benoît sauvera les sociétés occidentales du naufrage.  Parfois taxé de condensé de conservatisme, After virtue [Après la vertu, 1982] présente suffisamment de facettes et insiste tant sur la notion de bien commun que l'ouvrage, en fait, est difficile à situer.  Il remettait en tout cas sur le tapis une notion passablement oubliée : celle de vertu, comme levier d'une morale partagée et solution aux maux de l'humanité ...

 

 "La pratique des vertus est pour l'homme une composante essentielle de la vie bonne."

 

  Nicolas Journet (2013) "Les impasses de l'individualisme : Alasdair McIntyre."  Les grands dossiers des Sciences humaines - Un siècle de philosophie : une bibliothèque idéale (no 29), décembre 2012-janvier 2013, p. 73.>

  La citation est d'Alasdair McIntyre

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Dimanche 17 mars 2013  

 

En réaction au féminisme, le Vatican a développé une théologie de la femme.  Il n’existe pas une théologie de l’homme, car celui-ci occupe la position normative.

...  

Le Vatican pratique un apartheid des femmes.  Il exclut les femmes de l’élaboration de ses politiques de tous ordres, de la production théologique vaticane ainsi que des prestations rituelles et symboliques.  Il s’agit d’une forme extrême et obsolète de discrimination des femmes qui est contestée partout dans le monde.

 

 Il importe de distinguer le Vatican des personnes croyantes qui composent l’Église catholique romaine.  Le Vatican, c’est l’église de Rome constituée en État.  Il comprend environ 830 citoyens, dont 96 % d’hommes, tandis que l’Église catholique romaine, c’est nous !   Ce sont les personnes qui s’identifient comme catholiques, environ 1,2 milliard de personnes réparties sur tous les continents, dont les cultures, les conditions de vie et les pratiques spirituelles sont immensément diversifiées.

 

 Apartheid est un mot afrikaans signifiant séparation, mise à part.

 

    Johanne Philipps et Denise Couture (2013).  "Le Vatican ne s'en tire-t-il pas trop bien avec sa pratique d'apartheid des femmes ?" L'autre parole - Collective de femmes féministes et chrétiennes, 10 mars 2013.  Texte complet disponible sur le site lautreparole.org

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Samedi 16 mars 2013  

 

En 1988, le cardinal Lavigerie [fondateur des Pères Blancs d'Afrique] lança un appel aux Catholiques et au monde entier : "L'esclavage... n'est pas seulement, en effet, contraire à l'Évangile, il est contraire au droit de la nature... Or, les lois de la nature ne regardent pas seulement les chrétiens, elles intéressent tous les hommes.  Voilà pourquoi je fais appel à tous, sans distinction de nationalités, ni de partis, ni de confessions religieuses.  Je ne m'adresse pas seulement à la foi, je m'adresse à la raison, à la justice, au respect, à l'amour et à la liberté."

...

Nous voulons utiliser cette année de célébration pour provoquer une plus grande sensibilisation aux formes d'esclavage d'aujourd'hui : l'absence des droits humains en Afrique, la pauvreté, le 'grignotage' des terres, le trafic d'humains et le travail des enfants.

  Michel Fortin (2013). "Lutte contre l'esclavage : 125e anniversaire". Lettre aux amis - Missionnaires d'Afrique, no 20, mars 2013, p. 12.  Disponible plein texte sur le site mafr.net.

  Charles Martial Lavigerie (1825-1892).  Citation d'un propos tenu en ±1988 lors du lancement de sa grande campagne anti-esclavagiste suite à laquelle "il obtient des gouvernements la signature à Bruxelles, en 1890, d'un acte antiesclavagiste reprenant ses suggestions."

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Vendredi 15 mars 2013  

 

Aller à l'église ne fait pas automatiquement de vous un chrétien  - pas plus que le fait de vous tenir debout dans un garage ne vous transforme en automobile.

 

  Billy Sunday (± 1923). Tiré de William T. Ellis (1914). Billy Sunday, the Man and His Message: With His Own Words Which Have Won Thousands for Christ, Montana : Kessinger Pub, 2003.  Cf.

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Jeudi 14 mars 2013  

 

La femme présente d'autres aptitudes que sa disposition à la sollicitude et à la tendresse ; sa nature ne se définit pas simplement par la corporéité et l'instinct ; l'intelligence et le pouvoir de réalisation et de transformation créatrice font partie de sa panoplie ; et l'on ne saurait, sans étouffer les potentialités des femmes, consentir à une équation qui restreigne le féminin à la maternité, à l'affectivité, à la nuit, à la virginité, à la Vierge Marie, voire à un archétype positif.  La question soulevée par Rosemary Radford Ruether se pose à nouveau dans toute son acuité : le concept même de 'féminin' servant à définir l'essence des femmes concrètes n'est-il pas une créature du patriarcat, qui l'utilise pour reléguer les femmes à la sphère du privé et au rôle d'auxiliaires de l'homme ?

 

[...]

 

Les images et les appellations de Dieu n'ont pas pour objet de désigner des 'parties' du mystère divin, à supposer que cela serait possible.  Elles évoquent au contraire le mystère divin dans sa totalité. [...]  Si les femmes sont créées à l'image de Dieu, alors le recours à des métaphores féminines permet d'exprimer Dieu de manière intégrale et aussi finie que le recours à des métaphores masculines qui restreigne la portée des images employées.  Une présentation de l'Esprit Saint comme la dimension féminine du divin à l'intérieur d'un cadre patriarcal ne résout absolument rien.  Même en sa forme optimale, une telle équation n'a aucune portée libératrice.

 

  Soeur Elizabeth A. Johnson (1999). "Choix linguistiques fondamentaux." Dans : Dieu, au delà du féminin et du masculin : Celui / Celle qui est.  Paris / Montréal : Cerf / Paulines, (Cogitatio fidei, 214), p. 90-91.

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Mercredi 13 mars 2013  

 

Dans la société on se heurte à beaucoup d'ignorance - en fait, très peu de gens connaissent la pratique.  Dès qu'il est question d'interruption de grossesse (IG) du troisième trimestre, on a l'impression de manier un bâton de dynamite.  D'un côté, les groupes pro-choix refusent d'évoquer l'existence même de ces interventions, de peur d'alimenter les protestations des groupes anti-avortement, qui, eux, sont de plus en plus actifs et tentent par tous les moyens d'en restreindre l'accès.  Au ministère de la Santé et des services sociaux, dans les CLSC, les cliniques privées et les centres de santé des femmes, l'information est protégée "pour des raisons de sécurité."  Comme si le simple fait d'en parler menaçait le droit des femmes et mettait les médecins en péril.

  Mylène Tremblay (2013). "L'ultime tabou." Châtelaine, vol. 54(3), mars 2013, p. 86.  Suggestion de lecture : 1) le blogue de Sophie Durocher sur cet article. 2) complément web de l'article sur le site de Châtelaine dans le blogue de l'auteure Mylène Tremblay.

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Mardi 12 mars 2013  

 

L’icône est l’épiphanie des visages car celui qui entre pleinement dans la Lumière devient lumière – c’est le sens du nimbe doré – et 'tout œil'.  Quand les communistes russes et les musulmans fanatiques ont saccagé dans leur sphère d’influence les fresques et les icônes des églises et monastères, ils se sont acharnés sur les yeux, ces regards insoutenables posés sur eux, court-circuitant ainsi la présence des personnes qui invitent à la communion.  Image matricielle, l’icône relie en effet à des personnes et fait entrer dans le monde à venir déjà mystériquement manifesté par ces visages aux grands yeux ouverts.  Intemporelle, elle réalise l’alchimie d’extraire à la fois du temps et d’y insérer.

 Michel Quenot (2002). "L’icône : un art sacré pour notre temps." Catéchèse (67).  Article reproduit sur le site des Pages Orthodoxes La Transfiguration.

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Lundi 11 mars 2013  

 

 

 

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l'union.

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler, à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer, car c'est en donnant qu'on reçoit, c'est en s'oubliant qu'on trouve, c'est en pardonnant qu'on est pardonné, c'est en mourant qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

  

  Prière attribuée à saint François d'Assise (1181/1182-1226) et reflétant son esprit de paix et d'amour.  Source de l'image : page Facebook de Street Art News avec la légende suivante : "Peace Machine In Cairo, Egypt – avec Katia Dimonte et Niko Victorino."

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Dimanche 10 mars 2013  

 

... j'ai découvert le faramineux bonheur qui nous tombe dessus lorsqu'on se met à vivre sans angle mort.  En essayant - avec courage - de devenir un soliste de la vérité !  Révéler l'indicible nous rend à notre joie fondamentale.  Renoncer à notre personnage social change la vie de tous les jours en une aventure.  Faire basculer les siens dans la lucidité donne une saveur inouïe à cette chose ennuyeuse qu'on appelle le quotidien.  Notre cécité et nos oreilles bouchées tuent notre gaité naturelle.  Vivre sans déni est une fête, certes dangereuse, mais qui vaut le coup...

 

Bien sûr, mener sa vie sans angle mort ne signifie pas vivre sans secrets.  Nos secrets nous construisent tandis que nos angles morts nous détruisent ; la différence est là.  Il ne s'agit donc pas de se convertir à la transparence.  Mais les risques que l'on court en cessant toute dissimulation, en liquidant notre personnage social, régénèrent toutes nos relations.

 

 

  Alexandre Jardin (2013).  "Réussir sa vie, c'est..."  Châtelaine, vol. 54(3), mars 2013, p. 57.   Contexte de la citation : publication de son livre Des gens très bien (Grasset, 2011) dans lequel il dénonce la collaboration de son grand-père paternel avec les envahisseurs allemands au cours de la guerre 1939-1945.

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Samedi 9 mars 2013 - Contexte de la citation : Conclave des femmes à Paris organisé par le Comité de la Jupe

 

[L]es femmes sont les véritables piliers de l'Église.  Si elles faisaient grève, la maison s'arrêterait de tourner.  Seulement elles ne sont considérées que comme des "petites mains".  Il serait indigne de tolérer cela sans rien dire…

 

Depuis les IVe et Ve siècles, les hommes ont phagocyté l'Église.  Il y a encore à cette période des conciles avec des femmes, puisque des textes s'insurgent de leur présence dans les ministères sacrés.  Mais la grande bascule se produit avec la réforme grégorienne, au tournant des deux millénaires.  A partir de là, toutes les responsabilités de l'Église, les tria munera en latin, c'est-à-dire les trois charges principales (sanctifier, enseigner, gouverner) sont confiés aux prêtres.  C'était une décision fondée à l'époque, car l'Église était menacée par les rois qui voulaient mettre la main sur elle. Mais l'institution s'est figée et le droit canonique publié en 1983 va définitivement bloquer l'accès des femmes au cardinalat.  Jusqu'à 1983 en effet, les cardinaux pouvaient être choisis parmi des laïcs, c'est comme cela que Mazarin a pu être cardinal.   Depuis ce n'est plus possible.   Il faudrait de nouveau modifier le code de droit canonique, et déjà, de manière très simple, redonner la parole aux femmes, en les autorisant à faire des homélies et à commenter les évangiles.  Il est stupide et borné de refuser l'accès des femmes au diaconat et au cardinalat.  Imaginez ne serait-ce qu'une dizaine de femmes cardinaux dans le conclave et cela changerait la face de l'Église.

 

  Anne Soupa (Comité de la Jupe) (2013) "Et pourquoi pas un Conclave de femmes ? Entrevue de Marie Lemonnier avec Anne Soupa.Le Nouvel Observateur – Société, 8 mars 2013.  Article disponible sur le site tempsréel.nouvelobs.com.

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Vendredi 8 mars 2013 - Journée internationale des femmes

 

Les gens sont devenus indifférents.  Il y a des intellectuels qui disent que l'Église a fait son temps.  Elle appartient au passé.  L'Église, c'est pour les musées.  Ce n'est pas dangereux un musée.  Il y a de la nostalgie chez les plus âgés.  Les plus jeunes n'en pensent rien.  J'ose dire que nous sommes en train de baisser les bras. Plusieurs personnes pensent que nous n'arriverons à rien avec le système actuel.  Neuf évêques ont été nommés au Québec l'an dernier selon un processus ancien et secret.  Nous ne sommes pas fidèles à une tradition qui prévalait au quatrième siècle où les évêques étaient élus par le peuple et le clergé.  Il y avait alors un principe qui disait : ce qui intéresse tout le monde doit être décidé par tout le monde.

 

Le monde d'aujourd'hui est devenu adulte et on n'en tient pas compte.  On traite les laïcs comme des mineurs.  La bonne volonté des gens est en train de diminuer.  On ne laisse pas d'espace pour créer du nouveau.  Il y a actuellement beaucoup moins d'espérance qu'à la fin du concile.  La manière dont on exclut les femmes est l'un des problèmes...  

 

  Normand Provencher, o.m.i. (2013) (Université Saint-Paul, Ottawa). "Baissons-nous les bras ?" (entrevue de NDC avec Normand Provencher). Revue Notre-Dame-du-Cap, 122e année, janvier-février 2013, p. 19-20. Plein texte accessible sur le site Culture et foi

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Relâche du lundi 25 février au jeudi 7 mars 2013 inclusivement

 

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Dimanche 24 février 2013

 

Le cœur se purifie grandement dans cette simplification.  Il s'oublie lui-même et vérifie le mot de Cassien : "La prière n'est pas parfaite si l'homme a conscience de lui-même et s'aperçoit qu'il prie."  Après coup seulement, celui qui a été saisi constate que quelque chose s'est fait, quelque chose de vital, dont il lui est souvent difficile de rendre compte.  Tout de même, s'il doit parler à d'autres, l'expérience communique à sa parole, sans qu'il s'en doute, une chaleur nouvelle.

 

  Jean Laplace (1972). "Affinement et simplification de la prière." Dans Une expérience de la vie dans l'Esprit : dix jours dans la tradition des Exercices spirituels, Paris : Chalet, p. 87.

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Samedi 23 février 2013

 

Dans l'état d'abandon, l'homme ne se tient pas devant Dieu simplement comme devant un mystère impénétrable à la raison.  Il se tient devant l'abîme de l'amour incompréhensible, toujours plus grand.  Tôt déjà, Thérèse [de Lisieux] a fait cette expérience d'abîme, et celle-ci s'est, vers la fin, approfondie en fascination parfaite.  Captivée, elle fixe, sans pouvoir détourner le regard, hors d'haleine et submergée de bonheur, le mystère de l'amour.  De l'amour qui ne repose pas sur quelque chose d'autre, sur une 'vérité', sur un 'être' ; mais de l'amour qui contient, explique et justifie vérité et être, sans avoir lui-même une autre explication que son propre abîme.

 

  Hans Urs von Balthasar (1973). Thérèse de Lisieux : histoire d'une mission.  Paris / Sherbrooke : Apostolat des Éditions / Éd. Paulines, p. 387. 

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Vendredi 22 février 2013

 

A qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d'autres : 'Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé.  Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.'  Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l'on dit : "C'est un possédé" !  Le Fils de l'homme est venu : il mange et il boit, et l'on dit : "C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs."  Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu'elle fait.

 

 

  Jésus en Mt 11, 16-19 

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Jeudi 21 février 2013

 

Les priorités d'aujourd'hui selon saint Ignace de Loyola - par Adolfo Nicolás, général des Jésuites :

 

 

  Adolfo Nicolás s.j.  (2010).  Priorités d'aujourd'hui selon Saint-Ignace. Allocution (extrait) du général des Jésuites lors de sa visite aux Jésuites Flamands, Heverlee (Belgique), 26 septembre 2010.  Sur YouTube   Source de l'image : Éric de Saussure. Bible illustrée (Bible de Jérusalem), Taizé : Les presses de Taizé / Seuil, 1968.

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Mercredi 20 février 2013

 

Le mental du méditant, à défaut de pouvoir être immobilisé complètement, est forcé de se fixer sur un objet sans contenu.

 

"Notre intellect a besoin d'être occupé à quelque chose.  Notre entendement est comme la trompe de l'éléphant qui ouvre une procession le long d'une rue étroite encombrée d'échoppes de vendeurs.  Si la trompe n'est pas occupée, elle explore d'un côté et de l'autre et fouille un peu partout.  Mais il suffit de donner à l'éléphant quelque chose d'aussi simple qu'une tige de bambou à tenir avec sa trompe pour qu'il ouvre la voie, la trompe redressée et parfaitement stable.  Nous ne pouvons nous attendre à ce que nos facultés intellectuelles restent tranquilles ; il est dans leur nature d'être en activité.  C'est pourquoi nous leur donnons un mot ou une formule simple pour les occuper."

 

La répétition a pour rôle de déconnecter l'esprit pensant de ses fonctionnements habituels. [...] Si cela est mis en œuvre de façon soigneuse, le résultat sera que l'affectif va se mettre au neutre à son tour, puisqu'il ne reçoit plus de matériaux de la part du mental.  Un grand calme d'un bout à l'autre. // Ce n'est pas de la prière, puisqu'il n'y a pas encore de rencontre avec Dieu, mais cela procure un grand bienfait à beaucoup de personnes. 

 

 

  Père Jacques, ocso (2003).  Je ne lui dis rien, je l'aime, Montréal : Bellarmin, p. 81-82 (en italiques dans le texte).  

  La citation est de Thomas Ryan (1998).  La méditation à portée de tous, Mtl : Bellarmin, p. 72.

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Mardi 19 février 2013

 

Dans le portrait que j'ai brassé de Hitler, tel que moi-même et d'autres l'avons connu, on découvrira plus d'un trait sympathique [...]  A telles impressions s'opposent un souvenir indélébile : le procès de Nuremberg.  Je n'oublierai jamais ce document qui montrait une famille juive allant à la mort, l'homme, la femme et leurs enfants sur le chemin de la mort.  Cette image, je la vois encore aujourd'hui.

A Nuremberg, j'ai été condamné à vingt ans de prison.  La sentence du tribunal militaire, si impuissante qu'elle fût à sanctionner l'histoire, a tenté de définir une faute.  La peine prononcée, toujours peu apte à mesurer une responsabilité historique, a mis fin à ma vie de citoyen.  Cette image, elle, a ôté toute substance à ma vie même.  Elle se perpétue, par-delà le jugement.

 

  Albert Speer (1969). "Préface." Dans : Au cœur du Troisième Reich, Paris : Fayard, 1971, p. 8.

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Lundi 18 février 2013

 

La thèse de la sécularisation est bien connue.  Elle affirme que lorsque la rationalité avance, la religion recule.  Comme s'il y avait une incompatibilité entre foi et savoir.  Cette vision simpliste est attachée à une définition réductionniste de la religion, équivalant à une illusion au sens de Sigmund Freud (prendre nos désirs pour des réalités) ou à de l'idéologie au sens de Karl Marx (masquer la réalité des rapports de domination).  Que la dimension religieuse soit si profondément enracinée dans notre imagination et qu'elle puisse servir si aisément à la domination sociale ne fait pourtant que confirmer son importance.

 

  Raphaël Liogier (2013). "La nouvelle religion du monde." Les grands dos Les grands dossiers des Sciences humaines - Un siècle de philosophie : une bibliothèque idéale (no 29), décembre 2012-janvier 2013, p. 16.  Le début de l'article cité ici est aussi sur le site de scienceshumaines.com

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Dimanche 17 février 2013

 

Les quatre évangélistes rapportent cet ordre fondamental du Christ.  Le véritable adulte est celui qui sait redevenir petit enfant, abolir son mental et se laisser porter par l'évènement vers la terre nouvelle de son être en acceptant de ne rien comprendre.  Là, sur cette terre nouvelle, l'intelligence lui sera donnée.  Il n'accusera personne, mais se remettra totalement en question pour que la lumière pénètre plus loin en lui "et que les œuvres de Dieu se manifestent en lui" (Jn 9, 3).  

 

  Annick de Souzenelle (1984). "La souffrance." Dans Le symbolisme du corps humain.  Paris : Albin Michel (Espaces libres, 13), 1991, p. 299.

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Samedi 16 février 2013

 

A la recherche de Dieu

poème de sainte Thérèse d'Avila

 

Âme, tu dois te chercher en Moi,

Et Moi, me chercher en toi.

 

L'amour a su de telle façon

Âme, te portraire en Moi

Que nul savant peintre

N'aurait pu, avec une telle perfection

Graver une telle image.

 

Tu as été créée par l'amour

Ravissante, belle, et c'est ainsi

Que tu es peinte dans mes entrailles,

Si tu te perdais, mon aimée,

Âme, tu dois te chercher en Moi.

 

Car je sais que tu trouveras

Dans mon sein portraiturée,

Et si bien prise sur le vif

Que si tu te vois, tu te réjouiras

De te voir si bien peinte.

 

Et si par hasard tu ne savais pas

Où me trouver, Moi,

Ne va pas de-ci de-là,

Mais, si tu veux me trouver

Moi, tu dois me chercher en toi.

 

Car tu es ma chambre,

Tu es ma maison et ma demeure

J'appelle donc à n'importe quelle heure,

Si je trouve de ta pensée

La porte fermée

 

Hors de toi, il est vain de me chercher,

Puisque pour me trouver, Moi

Il te suffira de m'appeler,

Car j'irai à toi sans tarder,

Et Moi tu dois me chercher en toi

 

  Sainte Thérèse d'Avila "A la recherche de Dieu." - Poésies. Dans : Thérèse d'Avila : œuvres complètes (traduction de Marcelle Auclair).  Paris : DDB (Bibliothèque européenne), 1964, p. 1085-1087.

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Vendredi 15 février 2013

 

[L]e sentiment d’absurdité que retiendront les existentialistes ne constitue pas le tout de l’existence pour Kierkegaard : "Mais qu’est l’existence ? C’est cet enfant qui a été engendré par l’infini et le fini, par l’éternel et le temporel, et qui, en conséquence, est constamment s’efforçant" (Post-scriptum). En d’autres termes, exister, ce n’est pas simplement être là sans savoir pourquoi, c’est aussi, et surtout, s’efforcer de se relier par l’esprit à ce qui nous dépasse, l’infini et l’éternel.  Mais cet infini, cet éternel, il faut comprendre que je dois les rencontrer de manière personnelle et à chaque fois unique, que je dois en faire l’expérience et que je ne peux pas me contenter de les penser de manière abstraite, extérieure et désengagée.

 

  Henri de Monvallier (2011). "3 clés pour comprendre  Søren Kierkegaard." Le Monde des religions.fr, 21 décembre 2011.

  Søren Kierkegaard (1846). Post-scriptum définitif et non-scientifique aux miettes philosophiques.  Dans Tisseau, P.H et E.M. Jacquet-Tisseau.  Oeuvres complètes, tome 10, Paris : Orante, 1966-1982. Sur la citation et sa référence : books.google.ca, p. 267, 204 .

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Jeudi 14 février 2013

 

Benoit XVI est celui qui, au timon d’une barque secouée comme jamais, tâche de donner du sens.  Il convenait sans doute que cet homme à l’allure humble soit l’interprète de la nouvelle situation de déclassement qui est celle du catholicisme européen dans la décennie 2010-2020.  Pour faire face, Benoît XVI théorise le concept de “minorité créative”, en particulier dans l’avion qui le conduit en République Tchèque, le 26 septembre 2009, pays où l’Église est devenue ultra minoritaire pendant l’ère communiste : "Ce sont les minorités créatives qui déterminent l’avenir. En ce sens, l’Église catholique doit être vue comme une minorité créative possédant un héritage de valeurs qui ne sont pas des choses du passé mais une réalité très vivante et actuelle."  Dans un certain nombre de pays, l’Église catholique est dans une phase de transition 'culturelle' qui l’oblige à ne plus se penser comme 'la' puissance de référence, mais comme une minorité parmi d’autres, au milieu d’autres acteurs du sens.  Ce qui n’empêche pas son rayonnement, sous une forme certes contre-culturelle.

  

Jean Mercier  (2013). "Benoît XVI, prophète paradoxal d'une Église minoritaire." La Vie.fr, 11 février 2013.  Sur le site de lavie.fr

  Benoît XVI

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Mercredi 13 février 2013

 

Il est vrai que nous avons connu et connaissons encore deux écueils.  Commençons par nous en garder.

 

D’une part, l’idée qu’il existerait une orthodoxie en philosophie.  Il y en a une quant au dogme, et c’est très bien.  Mais en philosophie, il n’existe que le vrai et le faux.  Or, on a voulu régler des questions philosophiques à coup de condamnations, ce qui a paralysé pas mal de penseurs au XIXe et encore au XXe siècle.

 

D’autre part, l’anti-intellectualisme.  Pas chez les gens simples, qui savent bien qu’il faut parfois un vocabulaire technique : ils ne comprennent pas toujours leur médecin, moins encore celui qui répare leur portable…  Ce qui est agaçant, c’est l’anti-intellectualisme de gens qui ont fait des études.  ls disent : "tout cela, c’est cérébral" pour faire passer leur pensée, pas moins cérébrale, mais simplement plus faible…

 

 

 Rémi Brague (2012). "Rémi Brague salue la pensée de Benoit XVI".  Itinérarium.fr, 4 octobre 2012.  Article disponible sur le site itinerarium.fr. et sur zenit.org

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Mardi 12 février 2013

 

[L]a durée se caractérise lorsqu’elle est comprise comme élan vital, comme un jaillissement continu d’invention, de nouveau. //  L’homme occupe alors une place particulière dans le mouvement de poussée de tout l’univers qu’est l’élan vital.  L’homme concentre (à la manière du cône de la mémoire pour le passé) tous les degrés possibles de l’élan. Il est la mémoire de l’univers tout entier et peut faire coexister en lui toutes les formes que l’univers ne peut ailleurs que réaliser dans des êtres différents.  Il semble échapper à toute définition de nature sur un plan établi à l’avance.  Sa liberté, singulièrement attestée dans l’acte créateur de l’artiste ou du mystique, est une élévation hors du plan de sa nature.  L’enjeu est donc bien de suivre cet élan comme mouvement de réalisation aussi loin qu’il nous est possible.

 

  Guillaume Valériaud (2012). "Trois clés pour comprendre Henri Bergson."  Le monde des religions.fr, 19 avril 2012.  Texte disponible sur le site de lemondedesreligions.fr

 Henri Bergson (1859-1941)

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Lundi 11 février 2013

 

Lorsque je suis allé à l’enterrement de mon amie Christiane Singer en 2007, je suis rentré dans son bureau, au château de Rastenberg, dans les montagnes autrichiennes, et j’ai vu une feuille de papier qu’elle avait punaisée dans sa bibliothèque et où on pouvait lire deux phrases, l’une de René Char disant : "Nous sommes des inconcevables avec des repères éblouissants."  L’autre d’Olivier Clément disant : "Dans ce monde qui tend à réduire les êtres humains à l’état de machines, il arrive à certains individus de s’émerveiller.  Parfois même il arrive que certains d’entre eux aient de la gratitude."  Bien des choses séparent Christiane Singer qui est une romancière romantique, René Char qui est un poète agnostique et Olivier Clément qui est un théologien orthodoxe.  Pourtant, ils ont un point commun, ils ont fait la même expérience : la surprise, au milieu du vide et du chaos.  Tous sont sans illusion sur l’existence mais cela ne les empêche pas d’être émerveillés.  A travers la nudité apparente des choses et de l’histoire, il y a quelque chose de saisissant.  L’une en a fait des romans, l’autre des poèmes, le troisième de la théologie.  Je crois que ces trois figures résument le sens de l’émerveillement à notre époque.  S’émerveiller, c’est ne pas désespérer de l’existence.

 

  Bertrand Vergely (2011). Henri de Monvallier.  Entretien avec Bertrand Vergely : autour de Retour à l'émerveillement.  Actu-philosophia, 9 janvier 2011.  Texte disponible sur le site de actu-philosophia.com.

Sur Vergely, voir aussi le Billet du Carnet Web du 16 février 2013 : Valeur et limites de la subversion des discours   ___________________________________________________________________________________________

 

Dimanche 10 février 2013

 

... l'idée du devoir ne cessa jamais d'être présente à ses yeux.  Il craignait un remords affreux et un ridicule éternel s'il s'écartait du modèle qu'il se proposait de suivre.  En un mot, ce qui faisait de Julien un être supérieur fut précisément ce qui l'empêcha de goûter le bonheur qui se plaçait sous ses pas.  C'est [comme] une jeune fille de seize ans, qui a des couleurs charmantes, et qui, pour aller au bal, a la folie de mettre du rouge.

 

  Stendhal (1830). Le rouge et le noir. Paris : Bordas / SLB, 1966, p.101.  ___________________________________________________________________________________________

 

Samedi 9 février 2013

 

Le souffle des femmes ? C'est le signe premier de leur naître à elles-mêmes, de leur venue au monde spirituelle, de leur découverte de leur incarnation propre.  Elles respirent sans dépendre du souffle de quiconque, elles émergent à une existence tissée de chair et de paroles.  Elles rejettent la dépendance, l'enfermement pour pouvoir aimer.  Comment aimer en dehors d'une respiration autonome, qui s'alimente aux ressources de l'univers pour se tourner de façon libre vers l'autre, le reconnaître, faire alliance avec lui ou elle, tout en restant soi ?

 

  Luce Irigaray (1996). "Introduction." Dans Luce Irigaray et al. Le souffle des femmes... France : ACGF, p. 9.  ___________________________________________________________________________________________

 

Vendredi 8 février 2013

 

L’essayiste américain Mark Dery, spécialiste de la cyberculture, l’interrogeait [le technoprophète Hans Moravec] en 1993 sur les inégalités qu’entraînerait une 'amélioration' de l’espèce, laquelle ferait naître deux types d’humains : ceux qui auraient été 'améliorés' (une minorité) et les autres.  Comment ne pas être alarmé, objectait Dery, par les implications socio-économiques de la robotique appliquée et du transhumanisme ?  Ne se trouverait-on pas confrontés à l’existence d’une catégorie de surhommes face à des centaines de millions de sous-hommes ? […] Moravec articula paisiblement la réponse suivante : "Peu importe ce que font les gens, ils seront laissés derrière comme le deuxième étage d’une fusée.   Cela vous gêne-t-il beaucoup aujourd’hui que la branche des tyrannosaures se soit éteinte ? Le destin des humains sera sans intérêt pour les robots super-intelligents du futur. Les humains seront considérés comme une expérience ratée."

 

  Jean-Claude Guillebaud (2011)   La Vie vivante. Contre les nouveaux pudibonds. Paris : Éd. des Arènes. Source de la citation : Denis, J.-P. et J.C. Guillebaud. "Posthumanité. L’homme est-il fini ? Extraits de la Vie vivante …" La Vie.fr. 3 mars 2011. Texte disponible sur le site lavie.fr  Suggestion : une excellente entrevue, précise et nuancée, avec J.-C. Guillebaud sur son livre 

  Marc Déry et Hans Moravec (1993).  Transcription de l''entrevue de Déry avec Moravec citée par Guillebaud accessible en ligne sur google.ca, p. 137-139 ___________________________________________________________________________________________

 

Jeudi 7 février 2013

 

A qui ne seras-tu pas étranger, si tu l'es à toi-même ?  Qui se traite comme moins que rien, envers qui sera-t-il bon ? Souviens-toi donc, je ne dis pas toujours, je ne dis pas même souvent, mais au moins de temps en temps, de te rendre toi-même à toi.  Parmi beaucoup d'autres, ou même après beaucoup d'autres, recours à tes services.

 

    Saint Bernard de Clairvaux (2). De la considération. I, 5, 6.  Extrait tiré de Prière du temps présent. Lectures pour chaque jour de l'année, Cerf/DDB, 1974, p. 361.   Texte accessible en-ligne sur le site abbaye-saint-benoit.ch

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Mercredi 6 février 2013

 

Selon l'expert de la Food and Drug Administration américaine David Graham, les antipsychotiques prescrits aux personnes âgées diagnostiquées avec un trouble biporaire gériatrique sont responsables de 15,000 morts par an aux États-Unis.  Quand au million d'enfants et d'adolescents américains mis d'office sous antipsychotiques pour leur trouble bipolaire, ils ont toutes les chances de prendre en moyenne dix à quinze kilos en trois mois et de développer, à terme, du diabète et des troubles cardiovasculaires.  Les philosophes aiment à dire que le concept de chien n'aboie pas.  En psychiatrie, pourtant, certains concepts nosographiques peuvent bel et bien rendre malade.

 

  Mikkel Borch-Jacobsen (2012). "De la psychose maniacodépressive au trouble bipolaire". Les grands dossiers des Sciences humaines - L'histoire des troubles mentaux (no 28), septembre-octobre-novembre 2012, p. 47. ___________________________________________________________________________________________

 

Mardi 5 février 2013

 

Et ces enfants, qui leur rendra leur innocence ?  Ils sont blessés mortellement et pour la vie... La vérité ne leur rendra pas leur intégrité...  Il n'y a que la résurrection qui pourra leur rendre justice et ces enfants seront les premiers à adorer l'Agneau de Dieu sur son trône, ils seront les premiers à comprendre pourquoi il est si petit pour rendre justice, celui qui est le plus grand...

 

  Normand Décary-Charpentier (2013). Échange sur Facebook le 4 février 2013 suite à la publication de l'éditorial du National Catholic Reporter du 2 février 2013 portant sur le dossier des prêtres pédophiles. ___________________________________________________________________________________________

 

Lundi 4 février 2013

 

Il suffit de retourner comme un rocher n'importe quelle situation pour que de petites contradictions absurdes et grouillantes s'en échappent de tous côtés.  Il s'était laissé aller au désespoir et voici que de cet abandon émergeait une âme humaine et de l'amour... pas de très bonne qualité, mais tout de même de l'amour.

 

 

  Graham Greene (1940).  La puissance et la gloire. Paris : Robert Laffont, 1971, p. 144. ___________________________________________________________________________________________

 

Dimanche 3 février 2013

 

Nous sommes du pays où la mer et le vent

Ont donné aux rêves des enfants

Le goût salin des pierres usées par les embruns

Et la pluie compagne des chagrins

Un pays si petit face au grand océan

Qu'on ne voit pas son ombre au couchant

Un trait sur l'horizon fait de quelques maisons

De granit et de brun goémon

 

 

  Louis Capart (2001).  Héritage Senan via la page Facebook de Louis Capart. Paroles disponibles sur adio.uol.com.br. Écoutez la chanson sur YouTube. ___________________________________________________________________________________________

 

Samedi 2 février 2013

 

Le Carmel n'est pas une prison,

c'est un désert et les murs sont nos dunes. 

Et ce désert n'est pas vide, mais habité par le Silence. 

Et le Silence est la nourriture de l'esprit.

 

 

    Paroles dans l'esprit de sainte Thérèse de Lisieux par la voix d'Éva Hernandez (2012) dans la pièce de théâtre filmée Histoire d'une âme - Thérèse de Lisieux.  Film disponible sur YouTube.   ___________________________________________________________________________________________

 

Vendredi 1er février 2013

 

On imagine spontanément que notre regard sur les troubles mentaux s'affine toujours davantage [...] Mais une perspective historique montre que le progrès de nos connaissances en la matière n'est jamais tout à fait linéaire, et que la définition même de la maladie et de la normalité ne va aucunement de soi.  Car parmi les troubles mentaux, il y a...

 

  • ceux qui ont disparu comme ils étaient venus [ex. l'hystérie féminine] ;

  • ceux qui n'en sont plus parce que les psychiatres ont changé d'avis, sous la pression des malades ayant décrété qu'ils ne l'étaient pas [ex. l'homosexualité, l'autisme léger...] ;

  • ceux qui en sont devenus malgré la résistance des psychiatres, parce que des particuliers ont insisté pour être soignés [ex. le stress postraumatique appliqué aux soldats] ;

  • ceux qui en dont devenus ou ont cessé d'en être parce que les mœurs changent [ex. l'alcoolisme et la pédophilie] ;

  • ceux que des psychiatres ont créés sans le faire exprès [ex. les personnalités multiples, l'addiction aux jeux vidéo...] ;

  • ceux que les psychiatres aimeraient faire reconnaître [ex. les addictions en tout genre] ;

  • ceux qu'on soupçonne l'industrie pharmaceutique de promouvoir avec trop de zèle [ex. pression sur les psy pour encourager les diagnostics de dépression, troubles bipolaires, hyperactivité...] ;

  • ceux qui se ramifient et s'agrègent pour former un 'spectre' [ex. pour la dépression, la schizophrénie, l'autisme, la maladie d'Alzheimer...].

 

Les troubles mentaux ne sont-ils qu'une vue de l'esprit, une construction sociale ? [...] Ce serait insultant pour les personnes dont la vie est authentiquement dévastée par l'anxiété, les hallucinations, l'envie de mourir, la haine de soi.  Simplement, le discours, le regard, la prise en charge des troubles mentaux sont en partie tributaires de l'époque et de la société dans laquelle ils s'inscrivent.

 

  Jean-François Marmion  (2012). "Troubles mentaux - ça fait des histoires..." Les grands dossiers des Sciences humaines - L'histoire des troubles mentaux (no 28), septembre-octobre-novembre 2012, p. 26-27   ___________________________________________________________________________________________

 

Jeudi 31 janvier 2013

 

Cliquez sur l'image de gauche pour voir une chatte en train d'apaiser, puis endormir un bébé qui pleure, tout comme elle le ferait pour son petit *.  Plusieurs disent que les chats, hyper-sensibles et perceptifs, ramassent nos énergies négatives pour les intégrer et les 'diluer' et que c'est pour cela qu'ils dorment tant car c'est là un travail épuisant.  Quoiqu'il en soit, ce chat nous donne une extraordinaire leçon d'attunement - d'accordement, de mise-en-phase.  C'est saint François d'Assise qui serait content de voir travailler si bien sa Soeur Chat !  Et moi, en les contemplant, je ne peux qu'imaginer le lien de réciprocité qui unissait l'Enfant Jésus, le Vivant, aux animaux de la crèche et à tout le créé.  Bouleversant.

 

 

 

 

 

Je pic.org ?   Un chat fait dormir un bébé.  Lien d'origine attribué à Je pic.org sur YouTube.   Image de la crèche-au-chat sur Amo a-mi Gato (FB). Commentaire en intro : Michèle Lévesque. * Pour comparer le geste d'apaisement avec la vraie vie d'une chatte, voir  ___________________________________________________________________________________________

 

Mercredi 30 janvier 2013

 

Il appelait l'océan la mar, qui est le nom que les gens lui donnent en espagnol quand ils l'aiment.  On la couvre aussi d'injures parfois, mais cela est toujours mis au féminin, comme s'il s'agissait d'une femme.  Quelques pêcheurs, parmi les plus jeunes, ceux qui emploient des bouées en guise de flotteurs pour leurs lignes et qui ont des bateaux à moteurs, achetés à l'époque où les foies de requins se vendaient très cher, parlent de l'océan en disant el mar, qui est masculin.  Ils en font un adversaire, un lieu, même un ennemi.  Mais pour les vieux, l'océan c'est toujours la mar, quelque chose qui dispense ou refuse de grandes faveurs.

 

  Ernest Hemingway (1952).  Le vieil homme et la mer.  Paris : Gallimard (Folio, 7), 1976, p. 32. 

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Mardi 29 janvier 2013

 

[L]e 'corps de chair' n'est pas seulement une structure tangiblement présente et spatiale, il a aussi une histoire.  Sur la voie que trace sa première apparition jusqu'à sa destruction dernière, il traverse un nombre interminable de figures.  Laquelle d'entre elles est vraiment la sienne ?  Il ne peut il avoir qu'une réponse : chaque forme est essentielle, car ce n'et pas seulement pour que la suivante lui succède qu'une phase particulière de la vie est présente ; en ce cas, toutes n'auraient d'autre but que d'assurer l'apparition de la dernière de toutes, la mort.  Non, chacune des formes est l'Homme*, et chacune est indispensable à l'ensemble de sa vie.  C'est ainsi que le 'corps' de l'Homme est, en vérité, un nombre illimité de figures qui doivent toutes être contenues dans le corps ressuscité.  Il doit comporter une nouvelle dimension, celle du temps, d'un temps évidemment assumé dans l'éternité, afin que son histoire se trouve conjointement avec son présent, et toute la continuité parcourue avec son actualité.

 

 

  Romano Guardini (1950).  Les fins dernières.  Versailles : Éd. Saint-Paul, 1999, p. 72-73.  * 'Homme' est écrit sans majuscule dans le texte, mais l'idée est évidemment de parler de tout l'humain, homme et femme.

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Lundi 28 janvier 2013

 

Vendredi 18 janvier, des plongeurs effectuaient une expédition de nuit, au large de Kona, à Hawaï.  […] Un dauphin vient demander de l'aide à Keller Laros, moniteur de plongée à Hawaï.  Il s'est coincé la nageoire pectorale gauche avec une ligne de pêche et nageait avec difficulté.  Attiré par la lumière, un grand dauphin (Tursiops) s’est approché d’un plongeur.  Le comportement de l’animal était clair : il avait besoin d’aide.  La pauvre créature s’était empêtrée dans une ligne de pêche.  Celle-ci, coincée entre la nageoire pectorale gauche et le bec, l’empêchait de nager correctement. 

 

 

 

 

Si plusieurs événements d’échanges entre l’Homme et le dauphin ont déjà été reportés, celui-ci est particulièrement épatant.  En effet, c’est l’animal qui s’est approché du plongeur et qui lui a clairement demandé assistance.  Dans un geste inattendu, le dauphin s’est présenté au plongeur, Keller Laros.   Il s’est positionné de manière à ce que le plongeur puisse couper la ligne de pêche.   Le dauphin a patiemment attendu que la ligne soit coupée, en roulant sur le dos pour ajuster sa position et ainsi faciliter la tâche au plongeur.   L’animal est même remonté en surface un court instant pour une bouffée d’air, puis est revenu auprès de Keller Laros pour être enfin libéré totalement.   Encore un témoignage de l’intelligence de ce mammifère marin et de sa capacité d’échange avec l’Homme. "Une expérience à couper le souffle', d’après Keller Laros.

 

   Keller Laros (18 janvier 2013) et le dauphin.  Via Facebook.  Vidéo disponible sur le site futura-science.com  Icône contemporaine de la pèche miraculeuse

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Dimanche 27 janvier 2013   

Instantané du jour

 

 

 

  Andrey Eklema ?  Photo sur la page FB de A. Eklema avec la légende (en russe) : "La petite fille a appelé sa mère et s'est endormie. Inde. Maison d'enfants."

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Samedi 26 janvier 2013

 

 

 

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  André-Philippe Côté (2013). "Vue de côté - chronique 'Les Actualités'".  L'Actualité, vol. 38(2), p.11. Suggestion :

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Vendredi 25 janvier 2013

 

C'était un matin, environ 8:30, quand un homme d'un certain âge est arrivé pour faire enlever les points de suture de son pouce.   Il dit qu'il était pressé car il avait un rendez-vous à 9:00.  En l'examinant, j'ai vu que ça cicatrisait bien, alors j'ai parlé à un des docteurs, j'ai pris les choses nécessaires pour enlever ses points et soulager sa blessure.  Pendant que je m'occupais de sa blessure, je lui ai demandé s'il avait un autre rendez-vous avec un médecin ce matin, puisqu'il était pressé.  L'homme me dit non, qu'il devait aller dans une maison de santé pour déjeuner avec sa femme.  Je me suis informé de la santé de sa femme.  Il m'a dit qu'elle était là depuis quelque temps et qu'elle était victime de la maladie d'Alzheimer.  J'ai demandé si elle serait contrariée s’il était en retard.  Il a répondu qu'elle ne savait plus qui il était, qu'elle ne le reconnaissait plus depuis 5 ans.  J'étais surprise et je lui ai demandé : 'Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait pas qui vous êtes ?'  Il souriait en me tapotant la main et dit : Elle ne me reconnaît pas, mais je sais encore qui elle est.  J'ai dû retenir mes larmes quand il est parti, j'avais la chair de poule, et je pensais, que c'était le genre d'amour que je veux dans ma vie.  Le vrai amour, ni physique ni romantique, le vrai amour est l'acceptation de tout ce qui est, a été, sera et ne sera pas.  Les gens les plus heureux n'ont pas nécessairement le meilleur de tout, ils s'organisent du mieux qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont.  Donner vaut plus que de recevoir !

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  Anonyme. Source : Facebook.  Disponible aussi sur le site maité-info2.   Suggestions :

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Jeudi 24 janvier 2013

 

La paix ne dépend ni de l’homme politique ni de l’homme d’Église non plus que de l’avocat ou du policier. La paix est un état d’esprit indissolublement lié à l’amour.

 

  Jiddu Krishnamurti  (1950). Commentaires sur la vie. Vol. 2.  Citation et aussi sur le site krishnamurti-france.org

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Mercredi 23 janvier 2013

 

À peine le gène s'exprime-t-il que cette expression est pétrie, sculptée par les pressions du milieu.  C'est ce qu'on nomme l'épigenèse, et celle-ci commence dès avant la naissance.  Freud l'avait compris.  Il parlait d'une forêt dans laquelle on marche la première fois.  Nos pas s'y fraient un chemin.  Désormais, l'information dans notre cerveau empruntera plus volontiers ce chemin qu'un autre.  Prenons l'exemple d'un enfant génétiquement sain, porté par une mère stressée par la guerre.  Cet enfant sain sera in utero façonné par le malheur de la mère.  À la naissance, il sera 50 % plus petit, plus léger qu'un enfant moyen et il souffrira d'une atrophie fronto-limbique.  Il a donc été altéré par l'épigenèse.  Attention, le façonnage peut être inverse.  Un enfant, faible transporteur de sérotonine, donc hypervulnérable, porté par une mère heureuse, dans un milieu stable, deviendra un adulte équilibré, tout juste plus enclin à l'émotion.  Le gène est déterminant de pas grand-chose, tandis que l'épigenèse, elle, est très déterminante, elle sculpte l'expression des gènes et du cerveau.

 

  Boris Cyrulnik (29 septembre 2011). "Boris Cyrulnik et le suicide des enfants." (Entretien). Le Point.fr. Sur le site lepoint.fr.  

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Mardi 22 janvier 2013

 

Comment est-il possible que notre liturgie pascale ignore celles qui ont été les messagères d’une aussi grande Bonne Nouvelle ?  Elle l’ignore aujourd’hui, mais pendant des siècles, elle leur a confié le soin d’annoncer la Résurrection à leurs frères et sœurs.

Ce sont les voix des femmes qui, au seuil de la célébration pascale, se  faisaient entendre dans l’église, vibrantes d’une foi neuve, presqu’incrédule, une foi encore étonnée d’elle-même.

Dans le langage populaire, on appelait cette séquence : "Faire les Marie".  

Et dans les monastères masculins, les moines tenaient même les rôles des femmes. C’était mieux que de ne rien faire !

Pourquoi notre liturgie ne renouerait-elle pas avec sa vraie, sa grande tradition, évangélique et vénérable ?

Pourquoi la liturgie ne rendrait-elle pas aux femmes la place qu’elles ont eue dans l’histoire ?

Oui, pourquoi pas, si une occasion lui en était fournie ?

 

C’est pourquoi le Comité de la jupe vous invite à proposer à vos paroisses que la célébration de Pâques (soit de la veillée pascale, soit plutôt du  dimanche matin, moins chargé en gestes liturgiques forts) s’ouvre par la Visite au tombeau, ce petit drame liturgique médiéval présenté dans ces feuillets.

 

Comité de la Jupe (5 mars 2012). Et si cette année les femmes annonçaient la Résurrection ?  France : Comité de la Jupe.  Livret explicatif (d'où provient la citation, p. 2) incluant balises pour la célébration sur le site de comitedelajupe.fr  

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Lundi 21 janvier 2013

... le témoignage du poète ... Langue de bois et parole en or 9/9

 

Chair et saveur des mots nourriciers : le témoignage du poète... 'Chair', 'saveur' et 'nourricier' me renvoient à l'Incarnation, à cette chair et à ce sang offerts en partage, à l'eau qui désaltère à jamais.  Les sons qu'ils délivrent en français chuchotent, riches en voyelles chantantes et consonnes charnues.  Les mots ramenés à leur racines se sentent mal lorsqu'on les assigne au convenu, lorsqu'on les durcit dans l'abstraction.  Ne dites jamais solitude, insistait le poète belge Robert-Lucien Geereart... Faites entendre son pas, sentir son odeur, percevoir son goût... Et comme il avait raison !  Le poème n'a que faire du discours théorique, de l'idéologie dominante, de la langue raide.

 

 

  Colette Nys-Mazure (2011, 2012). "Chair et saveur des mots nourriciers : le témoignage du poète."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.90. 

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Dimanche 20 janvier 2013

... dans l'accompagnement ... Langue de bois et parole en or 8/9

 

On ne le soulignera jamais assez : la pensée de l'Évangile est une pensée charnelle.  Et une pensée charnelle se transmet charnellement.  Même à distance.  En radio, à la télévision, dans un journal, sur une affiche... une inflexion de voix, un geste de la main, un changement de rythme, le déplacement d'une virgule en disent souvent plus que le propos lui-même.  Le discours sur Dieu, s'il se veut 'langue d'or', passe d'abord par le corps.  Et rien n'est pire que la 'langue de bois' dans l'accompagnement de la grande maladie.

[...]

La Bible elle-même montre le chemin d'une expression éminemment plurielle.  Dans l'accompagnement aussi, il faut pouvoir jouer de tous les genres de présence à travers tous les sens.

 

 

  Gabriel Ringlet (2011, 2012). "L'accompagnement, une langue d'or."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.77, 89.  

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Samedi 19 janvier 2013

... dans la promesse... Langue de bois et parole en or 7/9

 

[N]ous tentons de découvrir comment la promesse peut quitter le domaine de la langue de bois pour rejoindre celui de la parole en or.  Mais le sentier est peu balisé et guère facile. En effet, l'enchevêtrement des malentendus, des pressions que les promesses font parfois subir, ainsi que les attentes démesurées qu'elles suscitent souvent, nécessitent un long travail spirituel.  Seul ce dernier peut conduire vers une promesse assumée et véridique.  Toute promesse authentique exige persévérance et patience, puisqu'elle demande à celui qui l'émet une écoute de sa vie intérieure et une prise de conscience d'une manière de parler qui assume son dire.

 

 

  Félix Moser (2011, 2012). "La promesse entre langue de bois et parole en or."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.66.  

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Vendredi 18 janvier 2013

... dans la Bible et dans l'Église ... Langue de bois et parole en or 6/9

 

Contexte de la citation.  Mikal réprimande son époux le roi David pour s'être rendu ridicule devant le peuple en dansant à moitié nu devant l'Arche au lieu de s'orner des attributs de sa nouvelle royauté.  Au lieu de te comporter comme un roi, dit-elle, tu fais le pitre et es la risée des 'servantes de tes serviteurs.'

 

Cette invective méprisante s'apparente à la langue de bois en ce qu'elle se désolidarise d'une réalité qui se manifeste et serait à penser - celle de David enfin roi - au profit d'une chimère : un 'vrai' roi se devrait d'être revêtu de vêtements idoines, de n'être qualifié que par une élite, de ne pas confiner aux classes infimes.  Le discours de Mikal impose par contraste une effigie royale à laquelle David ne correspond en rien.

 

Or l'apostrophe de Mikal, peut être reçue, sans qu'un mot doive être modifié, comme un joyeux crédo messianique.  Si l'on peut affoler la langue... au point que les rapports entre les mots permutent ([ex.] Jésus chasseur de démons devient Jésus possédé par un démon), alors cette perversion qui, apparemment, causerait la mort du langage, peut avoir un effet antérieur : les rapport de sens éperdument inversés désignent à terme une vérité et une réalité qu'ils cherchaient à évacuer.  Reprenons la phrase de Mikal concernant son époux : David est bien le roi d'Israël qui est à reconnaître dans 'l'homme de rien'.  Le mystère du messie réside en ce paradoxe.  Et ce sont effectivement les femmes, et les femmes de basse condition ('les servantes des serviteurs'), aux yeux desquelles ce mystère est donné à voir.  C'est par elles que le roi est en effet glorifié !  ...  Mikal a beau congédier la réalité qu'elle a sous les yeux au profit de son fantasme de la réalité, ce sont finalement ni elle ni ses propos qui décident de la réalité. Celle-ci, en la personne du messie, s'impose, et les mots pour la dire la disent bel et bien !

 

 

  Philippe Lefebvre (2011, 2012). "La langue de bois et ses retournements : lectures de l'Ancien Testament."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.64.  

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Jeudi 17 janvier 2013

... en société ... Langue de bois et parole en or 5/9

 

Aucune société ne peut survivre sans une dose d'euphémisme.  Sans les atténuations du discours, les nuances, les litotes qui permettent d'éviter les conflits, la guerre de tous, en un mot, la barbarie.  Sans la pudeur et la réserve, derniers remparts contre le mythe de la transparence totale, le diable n'hésite pas à soulever les toits des maisons pour violer l'intimité des habitants...

 

[Mais si] l'euphémisme associé à la politesse rend certaines expressions moins choquante ou inoffensives, autre chose est la langue de bois, qui permet de parler pour ne rien dire.  Ou, pire, de tromper les interlocuteurs réduits au rang de public. 

 

  Pisarra, Pietro (2011, 2012). "Les médias et la lignification de la parole."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.47-48.  

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Instantané du jour

 

Mercredi 16 janvier 2013

... en psychothérapie... Langue de bois et parole en or 4/9

 

Et puis, il y a cette parole qui s'inscrit dans une relation clarifiante et vécue comme telle.  Que de fois, au cours d'un récit de rêve nocturne, il y a cette petite phrase : "maintenant que je vous le dis". 

[...]

"Maintenant que je vous le dis", c'est-à-dire "maintenant que je suis dans une relation où l'un ou l'autre nous sommes en quête de sens de ce qui me trouble, de ce qui me fait souffrir.  En quête de ma vérité et de la vérité de ma vie.  C'est une surprise : maintenant que je vous le dis !  Voilà que dans un langage clair, un pan de vie se fraye un chemin sortant de l'obscurité en s'inscrivant dans une relation qui n'a d'autre but que ce cheminement à deux vers plus de lumière.  Consciemment.

 

  Nicole Fabre (2011, 2012). "La quête d'une parole vraie."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.43-44.   Suggestion

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Instantané du jour

 

Mardi 15 janvier 2013

... dans la Bible, livre de parole et de silence... Langue de bois et parole en or 3/9

 

Quand le Parlant se tait, "du silence biblique au silence d'Auschwitz", les humains sont aux prises avec la parole chosifiée, lignifiée.  Il importe de descendre dans le silence de Dieu comme on descend au tréfonds de soi... et d'y trouver le davar, la parole en or.  André Neher voit en Gn 18, 27 la scène type de la responsabilité humaine, quand Abraham parle au Parlant silencieux.  C'est la première fois dans la Bible qu'un être humain initie le dialogue avec Lui.  Et c'est comme s'il disait : "devant Toi, dans toute la misère de ma condition mortelle, je suis, enfin, le vrai Prométhée : celui qui parle, qui parle, qui parle, et qui, ivre de Parole, mais d'une Parole active, d'une Parole-Verbe, jamais n'acceptera de se faire enchaîner à nouveau sur le roc du Silence, avant que la Parole n'ait atteint son but, avant qu'elle ne soit devenue Événement !"

 

  Lytta Basset (2011, 2012). "L'anti-langue de bois selon les Évangiles."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p.37 (en italiques dans le texte).

  Citation d'André Neher (1970). L'exil de la parole : du silence biblique au silence d'Auschwitz. Paris : Seuil,  p. 127.  Lire un extrait de cet ouvrage sur booksgoogle.ca

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Instantané du jour

Lundi 14 janvier 2013

... en politique...Langue de bois et parole en or 2/9

 

[L]a langue de bois se distingue par son étonnant pouvoir de renouvellement [...] Une des techniques les plus en vogue aujourd'hui est celle du 'block and bridge'.1  Le principe en est simple.  Le journaliste vous pose une question embarrassante.  Vous le déstabilisez en lui renvoyant une question, en l'impliquant personnellement, voire en vous indignant : vous le bloquez et prenez l'ascendant sur lui ; vous jetez un pont vers une message que vous avez préparé. [...]

 

Si j'insiste sur ces aspects, c'est essentiellement pour souligner la complexité du phénomène : la langue de bois ne s'identifie pas seulement à des formules si stéréotypées qu'elles seraient facilement repérables.  Pour la saisir, pour lever le masque, il est aussi nécessaire de saisir le dispositif de communication dans lequel elle s'introduit.

 

Témoignage de la peur de la vérité en régime totalitaire, la langue de bois ne serait-elle pas le symptôme de la prudence, voire de l'impuissance politique, en régime démocratique ?  Un responsable n'a pas le droit de se tromper... La langue de bois est alors le rempart contre l'aveu d'échec.

 

  Christian Delporte (2011, 2012). "Langue de bois et langue politique."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p. 21 (en italiques dans le texte). Suggestion :

 

1 Sur la technique marketing (PR) du block and bridge (en anglais)

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Instantané du jour

 

Dimanche 13 janvier 2013

Elles sont partout : Langue de bois et parole en or 1/9

 

A y regarder de plus près, la langue qui cache son jeu et qui resplendit de mille feux de sa lumière tisse autant notre quotidien que notre culture.  La langue de bois est partout.  Elle affecte autant le monde politique que le monde des médias.  Elle s'insinue dans tous les lieux où manquent la transparence de la parole, l'intelligence du sens des mots.  Elle exprime le malaise d'une société qui respecte de moins en moins le désir de communication entre les êtres... Tout autre est la langue d'or, la parole de chair et de souffle par excellence [...]  Comment discerner une parole créatrice d'alliance ?  Comment discerner si la parole qui nous est donnée est une parole créatrice de vie ou une parole qui engendre la mort ?

 

  Sylvie Barnay (2011, 2012). "Langue de bois et parole en or (préface)."  Dans Langue de bois et parole en or (sous la direction de Sylvie Barnay). Mtl / Genève : Novalis / Labor et Fides (Collection La chair et le souffle), p. 5-6. Suggestion ___________________________________________________________________________________________

 

Samedi 12 janvier 2013

 

Savez-vous ce qu'en province on appelle un honnête homme ? C'est celui qui n'empiète pas sur le champ de son voisin, qui n'exige pas de ses débiteurs un sous de plus qu'ils ne lui doivent, qui ôte son chapeau à tout individu qui le salue ; c'est celui qui ne viole pas les filles sur la voie publique, qui ne met le feu à la grange de personne, qui ne détrousse pas les passants au coin de son parc.  Pourvu qu'il respecte religieusement la vie et la bourse de ses concitoyens, on ne lui demande pas compte d'autre chose.  Il peut battre sa femme, maltraiter ses gens, ruiner ses enfants, cela ne regarde personne.  La société ne condamne que les actes qui lui sont nuisibles ; la vie privée n'est pas de son ressort.

 

  George Sand (Aurore Dupin) (1831). Indiana.  Paris : Gallimard (Folio Classique, 1604), 1984, p. 132 (en italiques dans le texte).  Disponible en-ligne sur le site beq.ebooksgratuits.com (citation p. 159)  Suite de la réflexion 

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Vendredi 11 janvier 2013

 

P. Joseph-Marie Verlinde – [Dans la pratique du yoga] il faut maîtriser la pensée, pour parvenir à l’éliminer par une sorte d’état de transe par répétition de mantras ou par concentration visuelle, jusqu’à ce que finalement, ce "je" disparaisse. Effectivement, la fascination de l’expérience est qu’il n’y a plus de souffrance possible puisqu’il n’y a plus de "je".

 

Valérie - Ça peut être très séduisant de ne pas souffrir.  Mais comment étiez-vous après avoir vécu ces expériences ?

 

P. Joseph-Marie Verlinde - Ce qui me troublait dans la relecture de ces expériences, c’est que renoncer à souffrir est certes très séduisant, mais cela implique aussi de renoncer à conjuguer le verbe aimer. Parce que si "je" ne peux plus souffrir, "je"  ne peux plus aimer. Il n’y a plus de "je"  au verbe  aimer. Et c’est vrai que cela me troublait beaucoup.

 

  Joseph-Marie-Verlinde (2011) . Du gourou à Jésus - Quelques extraits d'interview du père Joseph Verlinde, 10 février 2011.  Sur le site chemin-neuf.org   Suggestion

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Jeudi 10 janvier 2013

 

Dans la spiritualité de Tibhirine *, il ne s'agit pas de remonter à Abraham, mais jusqu'à Adam.  Jusqu'au Créateur.  Ne jamais oublier qu'on vient au monde sans religion...

 

  Dom André Barbeau (2012). "Et il les aima jusqu'à la fin."  Notre-Dame-du-Cap, 121e année, mai 2012. * Sur le monastère de Tibhirine et l'assassinat des moines trappistes , évènement raconté dans le film Des hommes et des dieux.

 

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Mercredi 9 janvier 2013

 

Créé par le Dr Stanley Vollant, vedette montante des Premières Nations, l'expédition Innu Meshkenu traversera en cinq ans les 11 communautés autochtones dispersées entre le Labrador et l'Ontario.  Cette grande marche spirituelle et éducative est aussi devenue un parcours initiatique...

...

Le tiers des marcheurs [...] sont des femmes.  La plus jeune du groupe a 14 ans, le plus vieux 69.  Tous devront affronter le froid, la fatigue - et leurs démons.

...

Tracy Wabana Awashish, 22 ans, est encore fortement ébranlée par deux tragédies survenues coup sur coup.  Sa soeur Alicia, 20 ans, a été retrouvée pendue le 2 octobre 2009 dans le cabanon de la maison familiale.  Son jeune frère, Sakiha, 10 ans, est mort deux ans plus tard, le 6 novembre 2011, victime d'un accident de chasse.  "A chaque pas dans la neige, je pense à eux et je prie", dit la jeune femme aux yeux bleus.

 

Dans ses prières, Tracy Wabana Awashish s'adresse à Kice Manito, principale divinité attikamek, et à "Dieu le Père tout-puissant."

 

  Mathieu-Robert Sauvé (janvier 2013)   "Le Compostelle autochtone."  L'Actualité, vol. 38(1), p. 38-39.  Article disponible sur le site lactualite.com 

  Stanley Vollant _____________________________________________________________________________________________

 

Mardi 8 janvier 2013

 

Tout notre passé, même récent, fourmille d'erreurs et d'illusions, l'illusion d'un progrès indéfini de la société industrielle, l'illusion de l'impossibilité de nouvelles crises économiques, l'illusion soviétique et maoïste, et aujourd'hui règne encore l'illusion d'une sortie de la crise par l'économie néolibérale, qui pourtant a produit cette crise.  Règne aussi l'illusion que la seule alternative se trouve entre deux erreurs, l'erreur que la rigueur est remède à la crise, l'erreur que la croissance est remède à la rigueur.

 

L'erreur n'est pas seulement aveuglement sur les faits. Elle est dans une vision unilatérale et réductrice qui ne voit qu'un élément, un seul aspect d'une réalité en elle-même à la fois une et multiple, c'est-à-dire complexe.

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Au sein même des périodes noires des graines d’espoir surgissent.  Apprendre à penser cela, voilà l’esprit de la complexité.

  Edgar Morin .  Première citation : "En 2013, il faudra plus encore se méfier de la docte ignorance des experts". Le Monde.fr, 1er janvier 2013.   Deuxième citation : Jean-François Dortier (rencontre avec Edgar Morin). "L'abîme ou la métamorphose ? - Sciences humaines, no 201, février 2009 - texte complet sur le site prospective-projet-politique.eu

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Lundi 7 janvier 2013

 

"Oh, créature humaine, pourquoi as-tu si peur de Dieu ?  Ne vois-tu pas que sa mère a enveloppé son corps fragile ?  Ne vois-tu pas qu'il ne menace personne ?  Qu'il ne condamne personne ?  Ne l’entends-tu pas pleurer doucement ?  Plus que d'aider, Il a besoin d'être aidé et comblé d'amour.  Ne sais-tu pas qu'il est Dieu-avec-nous, comme nous ?" 

Et là, nous cessons de penser pour ouvrir en nous la voie du cœur qui ressent, qui est compatissant et qui aime.  Que pourrions-nous faire d'autre devant un enfant que nous savons être Dieu devenu homme ?

 

Peut-être personne n'a-t-il mieux écrit sur la Nativité que l'écrivain portugais Fernando Pessoa, qui dit: "Il est l'Éternel Enfant, le Dieu qui manquait.  Il est le divin qui rit et qui joue. Il est un enfant tellement humain qu'il en est divin."

 

 

  Leonardo Boff (1er janvier 2013).   The Nativity : A True Christian Myth (La Nativité : un mythe chrétien véridique) (traduction libre de M. Lévesque1).  Sur le site leonardoboff.wordpress.com.  

Notes :

La première citation est présentée comme "an old myth the Church used in the liturgy of the Nativity" (un vieux mythe utilisé par l'Église dans la liturgie de la Nativité), sans autre précision.

  La seconde citation, de Fernando Pessoa sous son pseudonyme-hétéronyme d'Alberto Caeiro , est tirée du poème Le gardeur de troupeau.  La traduction donnée ici 1 dans la Pensée du Jour suit la formulation de Boff et non le poème original, lequel est accessible en français sur le site luciamel.com et en anglais (avec présentation de Ricardo Reis, un autre des quatre principaux pseudonymes-hétéronymes de Pessoa) sur alberto-caeiro.blogspot.ca (section VIII).

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Dimanche 6 janvier 2013

 

Mon Dieu, comment présenter la foi à des enfants, spécialement en cette année qui lui est consacrée?

- Comme un chant d'oiseaux que l'on entend sans les voir parce qu'ils chantent dans les feuilles des arbres.

 

  Gérard Marier (2013).   Publié sur sa page Facebook, 5 janvier 2013. Suggestion

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Samedi 5 janvier 2013

 

Parce que si le regard est ce par quoi une intériorité s’ouvre sur une extériorité, il est aussi ce qui ouvre sur l’intériorité.  L’expressivité du regard, comme d’ailleurs celle de tout le corps humain, rend visible l’invisible.  Elle déjoue l’obstacle de l’extériorité et met en contact deux intériorités.  Il s’ensuit que croiser un regard, ce n’est pas même pouvoir remarquer la couleur des yeux, c’est être mis en présence de ce qui se manifeste dans l’extériorité mais ne s’épuise pas en elle.

 

En ce sens le regard est le moment où nous faisons l’expérience de notre intersubjectivité.  Husserl appelle ainsi le sentiment originaire de « co-existence », l’expérience de la communauté originelle des consciences au sein de laquelle chaque homme se constitue comme sujet vis-à-vis des autres et de lui-même. 

 

Voilà pourquoi on ne peut pas croiser un regard sans répondre par un sourire.  Il y a là une manière de se saluer, de témoigner qu’on n’est pas en présence d’une chose mais que l’on a reconnu une personne.  Ce qui s’expérimente déjà sous forme furtive dans la rencontre impersonnelle, l’est a fortiori dans les relations interpersonnelles plus denses. D ans l’amour, dans l’amitié le regard devient une fête des cœurs.

 

  Simone Manon (7 octobre. 2008) "Redoutable ou bénéfique regard ? Sartre."  Dans PhiloLog - Cours de philosophie.  Sur le site de philolog.fr

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Vendredi 4 janvier 2013

 

La foi que j'aime le mieux, dit Dieu, c'est l'espérance.

[…]

L'Espérance est une petite fille de rien du tout.  Qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière.  Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.  Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint.  Et avec son bœuf et son âne en bois d'Allemagne.  Peints.  Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.  Puisqu'elles sont en bois. C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.  Cette petite fille de rien du tout.  Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.

Comme l'étoile a conduit les trois rois du fin fond de l'Orient.  Vers le berceau de mon fils.  Ainsi une flamme tremblante.  Elle seule conduira les Vertus et le Mondes.

Une flamme percera des ténèbres éternelles.

 

  Charles Péguy (1911) Le porche du mystère de la deuxième vertu. Paris : Gallimard, 1929.  Texte accessible sur le site revue.cantate.fr (2011). 

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Jeudi 3 janvier 2013

 

Parler de corruption est la première chose à faire pour s'en débarrasser.  La mafia déteste la publicité.  Elle veut agir dans l'ombre.  Elle ne veut pas que les journalistes et les universitaires s'intéressent à ses affaires, encore moins une commission d'enquête.  Les pays où l'on parle le moins de corruption sont souvent les plus corrompus.

  Frederico Varese (2012), criminologue.  "Parler pour vaincre la mafia - entrevue par Jonathan Trudel."  L'Actualité, 1er décembre 2012, vol. 37(19), p. 18. Article disponible en-ligne sur le site de Frederico Varese.

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Mercredi 2 janvier 2013

 

Désormais (puisque vous m’avez permis de vous conseiller), je vous prie de renoncer à tout cela. Votre regard est tourné vers le dehors ; c’est cela surtout que maintenant vous ne devez plus faire.  Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n’est qu’un seul chemin.  Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre cœur.  Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s’il vous était défendu d’écrire ?  Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit : "Suis-je vraiment contraint d’écrire ?"  Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse.  Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple :"Je dois", alors construisez votre vie selon cette nécessité.  Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée.

 

  Rainer Maria Rilke (1903-1908). Lettres à un jeune poète.  Dans Œuvres I : Prose, Paris, Le Seuil, 1966 (traduction de Bernard Grasset).  Accessible plein texte sur le site de La Bibliothèque électronique du Québec, collection Classiques du 20e siècle, vol. 8, version 1.0 (citation : p. 9-10).

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Mardi 1er janvier 2013 - Fête de sainte Marie, Mère de Dieu

 

Le titre théotokos, Bogoroditsè en russe, est habituellement traduit par ‘mère de Dieu’, mais en fait il signifie littéralement "Celle qui accoucha de Dieu".  Il est dérivé du grec theos (Dieu) et du verbe tiktein, donner naissance ou enfanter.   Cette appellation marque un événement temporel arrivé une fois pour toutes en Marie à Bethléem. 

 

De son côté, Meter Théou, terme grec construit sur Méter, Mère, et Théou, Dieu, est une expression plus formelle qui marque la pérennité de cette maternité.  C'est ce titre solennel que l’on retrouve sur les icônes mariales dans une forme abrégée (9C 1K). 

 

L’appellation de la Vierge Marie par le titre de Theotokos a été reconnue au Concile d’Éphèse en 431 sous la poussée de saint Cyrille d’Alexandrie.  Cyrille combattait Nestorius qui affirmait que Marie avait donné naissance uniquement à la partie humaine du Christ.  L’enjeu était de taille car il y allait de la réalité même de l’Incarnation et de l’effectivité du salut  En effet, dans la logique de Cyrille, comme dans celle de son prédécesseur saint Grégoire de Naziance un siècle plus tôt, il fallait que l’humanité soit pleinement assumée par Dieu pour être sauvée par lui, c’est-à-dire pour pouvoir réintégrer et vivre pleinement de Sa vie trinitaire.  La formule consacrée de Grégoire était : "Ce qui n'est pas assumé, n'est pas sauvé".  Depuis le concile d’Éphèse, les Églises chrétiennes, orthodoxes et catholiques à tout le moins, affirment donc que le fils mis au monde par Marie de Nazareth n’est pas une nature ou une partie d'être, mais une entité indivisible, une personne (en grec : hypostase) inséparable d'elle-même, Jésus, confessée comme vrai Dieu et vrai Homme, Christ et Seigneur du monde.

 

Les Églises chrétiennes insistent sur le caractère relatif de ce titre et de la personne qui le porte en disant que Marie est relative au Christ et c’est la raison pour laquelle les Orthodoxes ne représentent presque jamais Marie sans son Fils sur les icônes.  Ce n’est pas nécessairement le cas en Catholicité où Marie est souvent représentée seule, ce qui lui donne un visage plus personnel, celui de la fille du Peuple, la vierge de Nazareth qui marche et espère avec nous sur nos routes humaines.  Loin de créer une division, doctrinale ou spirituelle, sauf dans nos esprits trop souvent chicaniers, chaque perspective dit quelque chose de vital sur les rapports qui unissent Dieu au monde.  Surtout, il n’est pas nécessaire de sacrifier la femme personnelle pour dire le mystère de la Mère-de-ce-Fils.

 

  Michèle Lévesque . Extrait du cours SPR 3861, Théologie et spiritualité de l'icône, donné par M. Lévesque (2004-2008) dans le cadre d'un partenariat entre l'Institut de pastorale des Dominicains et le Centre Emmaüs de Montréal.

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