1ère année (2010-2011) et orientations spirituelles pour In-Chora - Institut Périchorèse - Atelier d'iconographie

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In-Chora

Retour sur l'année 2010-2011 et orientations 2011-2012

(épouse) O forêts, sombres bosquets,
Qui fûtes plantés par la main de l'Ami,
Pâturage verdoyant,
O pré de fleurs émaillé,
Dites-moi s'Il passa parmi vous.

(créatures)  En répandant mille grâces,
Il a passé par ces bois en grande hâte;
Posant sur eux son regard,
D'un reflet de son visage,
Il les laissa tout revêtus de beauté.
...

(épouse) Découvre-moi Ta présence,
Que la vision de Ta beauté me tue!
Qui pour l'amour est en peine
Guérir ne peut, Tu le sais,
Qu'en présence du visage de l'Aimé.

S. Jean de la Croix, Le Cantique spirituel (4, 5, 11)

 

L'an passé, je vous ai annoncé la création d'un partenariat entre l'Institut Périchorèse et l'église orthodoxe Saint-Georges-d'Antioche de Montréal.   Nous avons vécu notre première année avec beaucoup de joie.  Quelques personnes ont terminé leur première icône ICO 101 sur le modèle du Christ Pantocrator Sauveur et d'autres nouveaux projets ont été commencés.  Chaque personne apporte sa couleur, son rapport propre à l'icône, mais toutes sont animées d'un profond amour pour le Christ, pour 'ce Jésus', comme le nomment saint Paul et les Actes.  Cet amour, tout simple, tantôt ardent, tantôt recueilli, c'est lui qui est à l'oeuvre dans ces images que nous produisons par nos mains dans le cadre de la communauté de travail que nous construisons - de quinzaine en quinzaine pour les Ateliers accompagnés et hebdomadairement avec les Ateliers libres.   J'en profite pour souligner l'exceptionnel dévouement de Diane Poulin-Sarkis et de sa complice Nicole Tanguay, présentes semaine après semaine lors des Ateliers libres.  Sans Diane, les Ateliers accompagnés ne seraient pas non plus ce qu'ils sont - elle apporte une douceur et une générosité vraiment très particulières, sans compter une aide concrète bien précieuse dans les multiples actions requises lors d'un atelier d'enseignement.  Pas étonnant qu'elle soit si appréciée, tant par moi que par les participants et participantes !  Un merci chaleureux également à toute la communauté et à l'équipe pastorale de la paroisse Saint-Georges sans qui notre Atelier n'existerait pas.

Cette année encore, nous allons poursuivre nos activités avec la grâce de Dieu dans la simplicité des moyens et une ardeur de coeur conditionnée par une réalité présentement très limitative, en apparence du moins.  Dans notre monde, il est gênant de parler de pauvreté des moyens.  Ce ne devrait pas être le cas dans nos communautés chrétiennes car, après tout, il n'y avait rien de glorieux dans l'entourage de Jésus, non plus que dans les ekklésia des origines et c'est sans parler de la genèse de tous les ordres et congrégations religieux nés dans l'Église au cours des siècles.   En dépit de la conscience et de la reconnaissance de cette valeur, le 'vieil homme' que je suis (Ep 4, 22 ) aimerait bien pouvoir témoigner de nos performances et de nos projets, vous dire que nous avons le vent dans les voiles, que nous projetons plein d'activités, en mettre plein la vue, quoi !  Ce n'est pas le cas car Diane et moi sommes grandement limitées par nos états de santé respectifs.  C'est la vérité.  Pour ma part, ce constat et cet aveu me demandent beaucoup.  Depuis le début du projet Périchorèse, j'ai caressé de grandes ambitions.  En équipe avec Alexandre, nous voulions développer un volet 'Iconothérapie' et c'est pourquoi j'avais commencé des études en art-thérapie (UQAT) et en accompagnement spirituel  (Pèlerin).  Nous voulions aussi offrir une grande diversité de cours pratiques reliés aux arts sacrés et à  l'approfondissement des techniques nécessaires pour rendre toute la beauté spirituelle qui imprègne le coeur de la communauté artistique que nous formions avec les élèves.  Mais c'était notre projet - mon projet - et force m'est de constater aujourd'hui que ce n'était pas nécessairement celui de Dieu.  Quel est t'il désormais ?  Le Pantocrator le sait et cela me suffit.  Ce qui est garanti, par contre, c'est que ce sera un pas à la fois et très modestement.  Je ne dis pas que je suis modeste, surtout pas ! Je dis que notre situation, la mienne en particulier, m'amène à redécouvrir le valeur salvifique des petites choses, à la manière thérésienne.

Ce constat est difficile à penser en moi-même et encore plus difficile à vous partager, c'est certain, mais il me donne aussi une joie profonde et presque impalpable dans laquelle je sens l'Évangile en filigrane.  En vous disant tout ça, mon but n'est pas d'attirer l'attention sur ma petite personne, mais plutôt de m'inscrire dans la tradition chrétienne du témoignage.  Dieu accomplit des merveilles en nous, mais nous sommes - je suis ! - la plupart du temps absent(e)s de nous-mêmes.  Nous croyons bien faire - par exemple, en voulant répondre à l'appel de la mission -, mais, comme disait mon ancien accompagnateur spirituel, l'Oblat Roger Gauthier, 'on peut s'illusionner avec beaucoup de sincérité' !  Eh oui.  Je me souviens d'une expérience majeure dans ma vie spirituelle, vécue le 24 mai 2010.  C'était un insight puissant, une véritable grâce et très palpable et, pourtant, j'ai failli la louper faute de présence à moi-même et de foi en celle, agissante et très personnalisée, de Dieu dans ma vie.  La tradition spirituelle parle de nepsis, mélange de vigilance, de sobriété, de garde et de prière du coeur ... tous mots pour dire la discrétion des passages de L'Esprit en nous et l'enjeu de salut relié à cet appel de présence à la Présence.  

Cette attention, voilà ce que je désire cultiver en cette année qui sera pour moi un temps de retraite, une sabbatique (partielle car je continue à enseigner à In-Chora, à écrire des icônes et j'aimerais bien aussi écrire davantage dans le Carnet Web de Périchorèse ) au cours de laquelle, après les multiples émotions, deuils et renversements de situation des dernières années, je reviens à une relative solitude pour retrouver le coeur à coeur avec Dieu qui a marqué toute ma vie, mais plus particulièrement mes débuts avec les icônes dans les années 90.  Cette année, je veux apprendre à faire de ma pauvreté, de ce désert de mes moyens, de mes énergies et de mes illusions, un creuset de fécondité - celle de Dieu, pas la mienne.  Et cultiver cette richesse du pauvre avec la communauté d'âme d'In-Chora.  Il me semble que c'est là un beau projet.  Je le confie à votre prière.

Michèle Lévesque

 

 

 

Page Périchorèse-in-Chora à l'église Saint-Georges-d'Antioche de Montréala>
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